Bénin : Patrice Talon renonce à la réforme de la Constitution

Le président béninois Patrice Talon reçu à l'Elysée le 26 avril 2016. © Michel Euler/AP/SIPA

Dans un entretien retransmis à la télévision, le président béninois a déclaré samedi qu'il abandonnait son projet de révision de la Constitution après le refus du Parlement d'examiner le projet en question. C'était pourtant l'un des engagements phares de sa campagne,

« Ce projet de révision que j’ai porté avec tant de ferveur, tant de foi […] c’est terminé, c’est derrière moi », a déclaré le président béninois Patrice Talon, dans un entretien accordé dans le cadre de l’émission À bâtons rompus, et diffusé notamment sur la chaîne de télévision nationale ORTB, samedi 8 avril.

Le chef de l’État a exclu l’option de soumettre le projet de réforme constitutionnelle au référendum, après le refus du Parlement d’examiner le texte, émis quatre jours plus tôt. Ledit projet devait recueillir les trois quarts des voix de l’Assemblée nationale pour être débattu. « Il faut en prendre acte avec sérénité », a affirmé Patrice Talon, déplorant qu’une minorité de députés − 23 élus − ait rejeté le débat parlementaire.

« Bien que j’éprouve une certaine tristesse [du] fait que le projet n’ait pu être apprécié, analysé, débattu, je n’éprouve aucune amertume. Je m’incline. C’est cela mon rôle car je suis un démocrate. J’appartiens à la Nation, la Nation ne m’appartient pas », a ajouté le chef de l’État, douze mois après son investiture à la plus haute fonction du pays.

Un mandat présidentiel unique

Promesse phare de sa campagne et considérée comme « un préalable pour la bonne gouvernance », la révision de la Constitution prévoyait notamment l’instauration d’un mandat présidentiel unique, d’une durée de six ans.

Cette question « aurait pu être réglée maintenant, par la révision de la Constitution, une fois pour de bon », « cela n’est pas passé », a regretté Patrice Talon qui, par conséquent, compte bien entretenir le suspense. Interrogé sur son éventuelle candidature à un second mandat, le président béninois rétorque : « En 2021,j j’aviserai ».

Déjà fragilisé par plusieurs contestations sociales, le gouvernement béninois était apparu désuni après la démission du ministre de la Défense, Candide Azannaï, le 27 mars. Soutien de la première heure du Patrice Talon, ce proche du chef de l’État avait justifié sa décision par le contexte économique et social tendu.

 

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