Avec le hashtag #Blackwomenatwork, les Africaines-Américaines racontent le racisme au travail

Bill O'Reilly sur la chaîne Fox news, regardant l'intervention de l'élue du Congrès Maxine Waters, le mardi 28 mars. © Capture d'écran

Suite aux moqueries d’un présentateur de la chaîne Fox News envers une représentante noire du Congrès américain, des Africaines-Américaines ont décidé de raconter sur les réseaux sociaux les remarques racistes qu'elles essuient au quotidien sur leur lieu de travail via le hashtag #Blackwomenatwork (les femmes noires au travail).

Le présentateur vedette de la chaîne américaine conservatrice Fox News, Bill O’Reilly, a créé la polémique mardi 28 mars en commentant le dernier discours de la démocrate Maxine Waters à la Chambre des Représentants. « Je n’ai pas écouté un seul mot de ce qu’elle a dit… Je regardais sa perruque de James Brown » s’est-il moqué sous les rires des autres personnalités présentes sur le plateau.

Face au tollé suscité par ses propos, le présentateur s’est rapidement excusé le jour même pour ses remarques « stupides ».

L’incident aurait pu en rester là, mais, le même jour, le directeur de la Communication de la Maison Blanche Sean Spicer s’est emporté contre la journaliste April Ryan lors d’une conférence de presse. Interpellé par celle-ci à propos des liens entre l’administration Trump et la Russie, le cadre a assuré qu’il n’y avait pas de preuves de « collusion » entre l’entourage de l’actuel président et la Russie, avant de lancer sèchement à la journaliste dubitative : « S’il vous plaît, arrêtez de secouer votre tête. »

Au moins 3 Bill O’Reilly par jour

Rapidement, l’activiste américaine Brittany Packnett s’est saisie de la controverse sur Twitter. « Aujourd’hui, on nous dit que les cheveux d’une femme noire comptent plus que sa voix » s’est-elle indignée sur le réseau social mardi 28 mars.

En réaction à ces attaques, elle a par ailleurs invité les femmes noires à partager, grâce au hahstag #Blackwomenatwork les remarques humiliantes dont elles ont été victimes sur leur lieu de travail. « Ainsi, les gens verront que ce n’est pas rare » a-t-elle poursuivi, ajoutant que les Africaines-Américaines rencontraient au moins trois Bill O’Reilly et cinq Sean Spicer par jour. 

Une centaine ont répondu à l’appel et partagé leurs histoires. Une internaute raconte ainsi la fois où un homme blanc est entré dans sa classe et a interrompu son cours en demandant où était le « vrai » professeur.

Une autre se souvient de la fois où un homme, au travail, a demandé à sa mère de lui apporter un café, sans se douter qu’elle était en réalité la patronne de son patron.

« Je peux toucher vos cheveux ? »

Outre la dévalorisation des fonctions occupées par les femmes noires, d’autres remarques reviennent très régulièrement dans les anecdotes de ces femmes : celles sur leur coupe de cheveux.

« On vous dit que laisser vos cheveux au naturel n’est pas professionnel et vous fait paraître agressive », s’agace l’une d’elles.

Une autre : « Vos cheveux sont tellement frisés, je peux les toucher ? »

Toujours dans la même veine, une autre utilisatrice de Twitter retranscrit une scène qu’elle dit avoir vécue : « Un collègue : qu’est-ce que vous faites avec vos cheveux ? Moi : Je les laisse au naturel. Lui : Arrête ça, ce n’est pas joli, tu te gâches. »

La riposte de Maxine Waters

Maxine Waters s’est finalement elle aussi emparée du hashtag pour répondre aux critiques du présentateur télé. « Je suis une femme noire forte, je ne me laisserai pas intimider » a-t-elle assuré le 29 mars sur Twitter.

Dans une intervention accordée à la chaîne MSNBC, l’élue démocrate a également lancé un appel à toutes les femmes : « Je voudrais dire à toutes les femmes […] ne laissez pas ces têtes-parlantes de droite, ces personnes déshonorantes, vous intimider ou vous faire peur. Soyez qui vous êtes, faites ce que vous devez faire, et laissez-nous parler des vrais problèmes de notre pays. »