Mali – Seydou Keita : « Pourquoi ne pas terminer à l’AS Roma ? »

Seydou Keita pendant la CAN 2013 en Afrique du Sud. © Franck Fife/AFP

À 34 ans, Seydou Keita, le milieu de terrain malien, continue d’évoluer au plus haut niveau. Interview.

Le milieu de terrain malien, qui a rejoint l’AS Roma l’été dernier et avec qui il dispute la Ligue des Champions, est l’un des meilleurs joueurs africains des dix dernières années (il a notamment gagné deux Ligue des Champions en 2009 et 2011, et trois titres nationaux avec le Barça). Si les Aigles, qui reçoivent l’Éthiopie (2-0 à l’aller) mercredi à Bamako, se qualifient pour la CAN 2015, ce serait la 7e compétition panafricaine disputée pour l’ancien barcelonais. Un record.

Jeune Afrique : Troisième lors des CAN 2012 et 2013, le Mali, s’il bat l’Éthiopie à Bamako, comptera neuf points et pourra envisager une qualification…

Il faut qu’on se qualifie ! C’est un objectif prioritaire. Nous avons terminé deux fois troisièmes lors des deux dernières éditions, et nos supporters ne comprendraient pas que nous ne participions pas à la CAN 2015.

Seydou Keita : Le Mali est-il en reconstruction ?

Oui. Avec Fousseini Diawara et Adama Tamboura, nous sommes les trois éléments les plus expérimentés de cette sélection, où il y a beaucoup de jeunes joueurs.  Il faut donc un peu de patience. Un nouveau sélectionneur, Henry Kasperczak, est arrivé. Il connaît bien le Mali, qu’il avait déjà entraîné (2001-2002) et aussi l’Afrique. Si on se qualifie pour la CAN, cela nous permettra de gagner du temps.

Vous avez signé à l’AS Roma, après un détour par l’Espagne et Valence de six mois, à votre retour de Chine. Votre départ en Asie avait d’ailleurs surpris…

Oui, je m’en souviens. Je quittais Barcelone pour la Chine, où le niveau n’est bien sûr pas le même. Mais je suis très à l’aise sur cette question. J’avais signé à Dalian d’abord pour l’aspect financier. J’avais la possibilité de gagner beaucoup d’argent là-bas [12 millions d’euros pour un an, le chiffre le plus fréquemment cité, NDLR]. On m’avait critiqué pour ce choix, mais il y a des offres qu’on ne peut pas refuser.

Cela aurait-il pu nuire à la suite de votre carrière européenne ?

Je ne me pose pas la question, puisque en revenant de Chine, j’ai signé à Valence, un des meilleurs clubs espagnols, où j’aurais pu d’ailleurs rester. Et aujourd’hui, j’évolue à l’AS Roma. J’ai toujours été très professionnel, et je ne suis pas un joueur à problèmes. Je n’ai pas perdu mon niveau en allant en Chine. Depuis que je suis arrivé en Europe [à Marseille en 1999, NDLR], j’ai franchi des paliers. Il y a eu Lorient, Lens, le FC Séville, et Barcelone, avec qui j’ai notamment gagné deux Ligue des Champions (2009 et 2011) et trois titres nationaux (2009, 2010, 2011). Et chaque fois que je suis parti d’un club, c’était difficile, car ça se passait toujours très bien.

Pourquoi n’avez-vous signé qu’un an en Italie ?

Je suis à un âge où ma principale motivation est de prendre du plaisir. En optant pour des contrats courts, j’ai la possibilité de partir si ça ne marche pas. Je ne me pose pas trop de questions sur mon avenir. D’ailleurs, pourquoi ne pas terminer à la Roma ?

Jusqu’à quel âge souhaitez-vous jouer ?

Quand je vois Totti, le capitaine de l’AS Roma, faire ce qu’il fait à 38 ans… Honnêtement, je ne me fixe pas vraiment de limite. Quand on est dans une équipe qui a les moyens de jouer un grand rôle en Série A, qui a fait de bons débuts en Ligue des Champions et qu’avec le Mali, il y a la perspective de disputer une CAN, c’est très motivant.

Vous avez été victime de racisme, notamment en Espagne de la part de Pepe (Real Madrid)

Vous savez, le racisme existe partout, mais quand un footballeur en est victime, cela se sait beaucoup plus vite que quand c’est quelqu’un dans la rue. On ne pourra jamais vraiment éradiquer le racisme, mais si on peut le combattre… Le racisme, c’est de l’ignorance. On peut le combattre aussi en faisant preuve d’indifférence…

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