Brexit : la souveraineté de Gibraltar entre les mains de la population ?

Par Jeune Afrique avec AFP

Le statut de Gibraltar avait fait l'objet d'un référendum en 2002 à la suite duquel les habitants du rocher s'étaient prononcés pour une souveraineté britannique. © Brian Witte/AP/SIPA

Dans un communiqué, la Première ministre britannique Theresa May a affirmé ce dimanche 2 avril que Londres ne céderait "jamais" la souveraineté sur Gibraltar sans l'accord de la population de ce territoire situé au sud de l'Espagne.

Le débat a ressurgi vendredi 31 mars, après la présentation du projet d' »orientations de négociation » de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne par le président du Conseil européen Donald Tusk. Ce document stipule que l’Espagne devra donner son feu vert pour qu’un accord sur le Brexit puisse s’appliquer à ce territoire britannique.

La voix du peuple invoquée

Lors d’un entretien téléphonique dimanche 2 avril avec le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, Theresa May a affirmé qu’elle ne conclurait « jamais d’accord qui laisserait passer les habitants de Gibraltar sous une autre souveraineté sans leur volonté librement et démocratiquement exprimée ».

« La Première ministre a dit qu’elle restait totalement engagée à travailler avec Gibraltar pour obtenir le meilleur résultat possible sur le Brexit et qu’elle continuerait à les inclure pleinement dans le processus » de négociations, ont ajouté les services de Theresa May.

« Gibraltar n’est pas à vendre »

Son ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a lui assuré que « Gibraltar n’est pas à vendre », dans un entretien avec le Sunday Telegraph .

« Gibraltar n’est pas à vendre. Gibraltar ne peut pas se marchander. Gibraltar ne sera pas soldé », a-t-il insisté.

Son homologue espagnol Alfonso Dastis a lui affirmé que Madrid n’avait « pas l’intention de fermer la frontière » avec Gibraltar, dans un entretien au quotidien El Pais.

« L’idée est que les Espagnols qui vivent à Campo de Gibraltar (dans la province de Cadix, ndlr) et qui travaillent à Gibraltar puissent continuer à le faire », a-t-il dit.

Quelques 10.000 frontaliers vont travailler chaque jour sur le Rocher et craignent que la situation ne change.

« Machination prévisible de l’Espagne »

Alfonso Dastis a souligné que le document proposé par Donald Tusk doit encore « être approuvé par les chefs d’Etat et de gouvernements des 27 pays membres » mais s’est réjoui qu’il « inclut la position espagnole ».

A Gibraltar, l’opposition social-démocrate a dénoncé la possibilité laissé à Madrid de pouvoir bloquer l’accès de Gibraltar à tout accord commercial négocié par le Royaume-Uni avec l’UE.

Fabian Picardo a lui dénoncé « la machination prévisible de l’Espagne » qui « cherche à manipuler le Conseil européen pour poursuivre ses propres intérêts politiques mesquins ». Il a qualifié la proposition de l’UE de « discriminatoire » et « inutile ».

Dans le Sunday Telegraph, Boris Johnson a souligné que « la souveraineté de Gibraltar ne peut pas être changée sans l’assentiment formel du Royaume-Uni et du peuple de Gibraltar ».

« Le statut de Gibraltar est inchangé depuis 1713. L’adhésion du Royaume-Uni au marché commun européen en 1973, lorsque l’Espagne n’était pas encore membre, n’a fait aucune différence. Cela ne devrait pas non plus entraîner de différence aujourd’hui« , a-t-il ajouté.

La péninsule de 6,7 kilomètres carrés située à la pointe sud de l’Espagne compte quelque 33.000 habitants. Les secteurs clés de son économie sont les jeux en ligne et une finance offshore qui attire des capitaux de toute l’Europe.

En 2002, les habitants de Gibraltar avaient rejeté par référendum une proposition de partager la souveraineté avec l’Espagne.

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