Fermer

RDC : querelle de leadership à l’ambassade de Bruxelles

L'ambassadeur de RD Congo auprès de l'UE n'est pas reparu à Bruxelles depuis septembre 2016. © Vadim Ghirda/AP/SIPA

Après une absence de plus de six mois, l’ambassadeur de RD Congo auprès de l’Union européenne et du Benelux, Dominique Kilufya Kamfwa, a fait sa réapparition dans la capitale belge. Mais son chargé d’affaires, qui assurait l’intérim, refuse de lui rendre la place.

Il n’y a pas qu’à Kinshasa que querelles de leadership et arguties juridiques bloquent le bon fonctionnement des institutions. L’ambassade de RD Congo à Bruxelles, connait, elle aussi une étonnante bagarre depuis le retour, il y a quelques jours, de son ambassadeur, Dominique Kilufya Kamfwa, après plus de six mois d’absence.

Comme Jeune Afrique l’avait révélé début mars, l’ambassadeur à Bruxelles avait été rappelé à Kinshasa mi-2016, ce qui ne lui avait pas permis de tenter de dissuader l’Union européenne de prononcer des sanctions contre sept hauts responsables congolais.

Originaire du Haut-Katanga, comme Moïse Katumbi, Kilufya était soupçonné par certains responsables à Kinshasa de rouler pour l’opposant.

Or il a finalement fait sa réapparition à l’ambassade il y a une semaine. Son arrivée, toutefois, n’a pas été bien accueillie par tout le monde.

« Préserver la bonne image de la RDC »

Le chargé d’affaires, Paul-Crispin Kakhozi Bin-Bulongo, qui assurait l’intérim, a ainsi rédigé, le 30 mars, une note de service à l’attention du personnel de l’ambassade et que Jeune Afrique a pu consulter, dans laquelle il dénonce « l’irrégularité » de sa présence à l’ambassade. « Pour cette raison, poursuit la note, aucune réunion ne peut être convoquée par lui, car il est censé se trouver présentement à Kinshasa. Toute personne qui tenterait d’y prendre part s’exposera à des sanctions sévères », menace-t-il.

Mais Kilufya n’entend pas se laisser faire. Le même jour, ce dernier a également rédigé une note de service, dans laquelle il dénonce « les initiatives » du « ministre-conseiller Kakhozi pour s’affirmer comme chef de mission à notre ambassade ». « Avec mon arrivée en poste, la fonction de chargé d’affaires prend automatiquement fin, et cela quel [sic] que soit la nature de ma présence au poste de mon accréditation. On ne peut en effet exercer l’intérim de quelqu’un qui est en place. »

Kinshasa n’a, semble-t-il, pas encore tranché cette dispute. Dans sa note, Kilufya demande encore au personnel de l’ambassade de « préserver la bonne image de la République démocratique du Congo après des autorités de l’État accréditaire (sic) » en adoptant « un comportement exemplaire ». En cela, il est sans doute déjà trop tard.

Couverture

L’actu n’attend pas !


Couverture

Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez en souscrivant à l'Edition Digitale de Jeune Afrique

Je m'abonne J'achète ce numéro