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Pétrole : l’Égypte veut éponger ses dettes auprès des compagnies étrangères

Le ministre du Pétrole égyptien, Tarek el-Molla, à Chypre le 31 août 2016. © Petros Karadjias/AP/SIPA

Le Caire espère diviser de moitié dans les semaines à venir sa dette abyssale de 3,5 milliards d'euros envers les compagnies pétrolières internationales, d'après les déclarations du ministre égyptien du Pétrole, Tarek El Molla, mercredi 29 mars.

L’Égypte espère pouvoir rembourser une partie de sa dette envers les compagnies pétrolières étrangères, selon l’agence Reuters. Celle-ci s’élève à l’heure actuelle à près de 3,5 milliards d’euros, une somme que le pays souhaiterait diviser par deux dans les semaines à venir, selon les déclarations de son ministre du Pétrole et des Ressources minérales.

« Nous avons fait de gros progrès dans l’apurement de nos arriérés », a affirmé Tarek El Molla le 29 mars à l’occasion de la Conférence sur l’offshore en Méditerranée qui se tenait à Ravenne, en Italie. Le ministre en a profité pour annoncer qu’il espérait pouvoir finaliser un accord qui permettrait à l’Égypte d’importer un million de barils de brut par mois depuis l’Irak à partir du mois prochain.

Interrogé sur la date où l’Égypte deviendrait à son tour exportatrice de pétrole et de gaz, Tarek El Molla a simplement estimé que le pays deviendrait auto-suffisant d’ici la fin de 2018. « À partir de 2019 et au-delà, nous pourrons commencer à parler d’exportations », a-t-il ajouté sans plus de précisions.

Gaz : le potentiel égyptien

Il y a tout juste une semaine, au terme d’un accord entre les deux pays, l’Égypte a recommencé à recevoir ses premières livraisons de pétrole en provenance d’Arabie saoudite depuis six mois. Un différend géopolitique était la cause de cette interruption : Le Caire s’était rapproché de la Russie, alliée du président syrien, Bachar al-Assad, alors que Ryad soutenait des groupes d’opposition au régime syrien.

L’Égypte produit à l’heure actuelle 723 000 barils de brut par jour,  grâce notamment à ses 188 plateformes en mer Rouge et dans le golfe de Suez. Mais la question énergétique est devenue un enjeu économique et politique majeur depuis que le pays est passé du statut d’exportateur à celui d’importateur de gaz en 2010 et que l’instabilité qui a suivi la révolution de 2011 a fait chuter la production gazière.

Cependant, en 2015, le groupe pétrolier italien ENI annonçait la découverte « la plus importante jamais faite en Méditerranée » d’un champ gazier dans les eaux égyptiennes. Au large des côtes orientales, à 1 450 m de profondeur et sur un secteur de 100 km² gît un potentiel d’environ 850 milliards de mètres cubes de gaz, de quoi assurer « les besoins en gaz naturel de l’Égypte durant des décennies » a précisé la major.

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