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Confusion autour d’un naufrage en Méditerranée qui a fait 6 victimes au lieu de 146

Par Jeune Afrique avec AFP

Des migrants en train de traverser la Méditerranée appellent à l'aide, le 17 avril 2016. © Patrick Bar/AP/SIPA

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), la grande majorité des 146 migrants portés disparus mercredi 29 mars sont en réalité arrivés sains et saufs ce jeudi 30 mars en Sicile. La veille, un jeune Gambien de 16 ans soutenait à des représentants de l'ONU être le seul survivant.

A demi-évanoui après le naufrage de son embarcation, il n’a pas eu conscience d’une réalité beaucoup plus heureuse. Repêché par un navire affrété par l’ONG allemande Jugend Rettet et conduit dans la nuit sur l’île italienne de Lampedusa, un jeune Gambien de 16 ans raconte à un représentant du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) qu’il est probablement le seul survivant du naufrage d’un canot comprenant 146 personnes.

Mais ce jeudi 30 mars, les nouvelles ne sont pas aussi macabres qu’il le prétendait. En effet, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la plupart des 146 migrants portés disparus au large de la Libye sont arrivés en fait sains et saufs ce jeudi en Sicile.

En réalité, un total de 140 autres migrants embarqués sur ce canot qui prenait l’eau avaient été secourus par un navire humanitaire allemand peu de temps avant que l’adolescent ne perde à moitié connaissance. Ce qui explique donc un récit empreint de confusion. Six migrants en revanche manquent toujours à l’appel.

« Sauver des vies en mer doit rester la priorité de tous »

Le canot est parti dimanche ou lundi de Sabrata, dans le nord-ouest de la Libye, mais a commencé à prendre l’eau au bout de quelques heures. Le jeune Gambien a raconté avoir survécu pour sa part en s’agrippant à un bidon d’essence. Et selon les information de ce dernier – non démenties pour le moment -, les passagers à bord venaient du Nigeria, de Gambie ou encore du Mali, dont cinq enfants et plusieurs femmes enceintes.

Mais qu’importe, cet incident rappelle tout de même l’alarmante situation de ces personnes prêtes à traverser la Méditerranée au péril de leurs vies. « Sauver des vies en mer doit rester la priorité de tous », a insisté le HCR en louant l’action des gardes-côtes italiens, de l’agence européenne Frontex, de l’opération Sophia et aussi des ONG, alors que la justice italienne soupçonne certaines de contacts directs avec les réseaux de passeurs.

Depuis le début de l’année, au moins 590 migrants sont morts ou ont disparu au large de la Libye, selon un bilan de l’OIM établi avant ce dernier naufrage.

La semaine dernière, l’ONG espagnole Pro-Activa Open Arms avait découvert deux canots vides et en partie coulés, laissant redouter des dizaines de disparus puisque les passeurs entassent en général entre 120 et 140, parfois beaucoup plus, sur ces embarcations de fortune.

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