Maroc : le gouverneur d’El Hoceima relevé de ses fonctions après les incidents de dimanche

Dans les rues d'Al Hoceïma, des milliers de personnes ont protesté contre la mort tragique de Mouhcine Fikri, le 30 octobre 2016. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

La situation est toujours tendue dans le chef-lieu du Rif marocain après les violences de dimanche soir contre une résidence de la police. Une situation dont le gouverneur a fait les frais.

Les derniers événements survenus à El Hoceima ont coûté son poste au gouverneur de la province, Mohamed Zhar, qui vient d’être muté à l’administration centrale du ministère de l’Intérieur. Il a été remplacé par l’actuel inspecteur général du Ministère, Mohamed Faouzi, qui sera chargé de la gestion des affaires de la province dans l’attente de la nomination par le roi d’un nouveau gouverneur, a annoncé le Ministère de l’Intérieur, mardi 28 mars.

Actes de vandalisme

Dimanche 26 mars, des manifestants ont attaqué une résidence de la police dans le village d’Imzouren, relevant de la province d’El Hoceima, et ont mis le feu à ses abords. Quatre voitures et un bus des forces publiques ainsi qu’une voiture privée ont été brûlés. Les forces de sécurité ont arrêté quatorze personnes. Après enquête, elles seront déférées devant le parquet.

À la suite de ces incidents, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, a tenu une réunion avec les autorités locales de la province pour les mobiliser dans la mise en place du plan de développement de la région. Les autorités marocaines tentent de calmer la tension dans cette région connue pour son passé frondeur.

Zone de conflit

La ville d’El Hoceima, chef-lieu du Rif, a connu des manifestations répétitives depuis la mort, le 28 octobre, d’un marchand de poisson, happé par une benne à ordures. Mouhcine Fikri, un jeune trentenaire, tentait d’empêcher la destruction de sa marchandise confisquée par les autorités. Sa mort a ranimé les contestations dans cette région qui a longtemps été disqualifiée par le régime.

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