Fermer

LRA : Joseph Kony, le « Messie sanglant », court toujours

par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

L'œil de Glez. © Glez / J.A.

En Ouganda, l'armée américaine vient d’annoncer la fin de ses opérations contre une Armée de résistance du Seigneur qui serait réduite à néant. Mais le leader de la LRA, lui, court toujours…

Même les plus palpitantes séries américaines ont une fin. Même celles qui mettent en scène un chasseur de prime qui n’arrive pas à mettre la main sur sa proie. Saddam Hussein pendu, Oussama Ben Laden immergé et Mouammar Kadhafi lynché, le shérif américain avait fait de Joseph Kony le méchant favori de son western planétaire. Fou religieux noir et christique, promoteur d’un régime fondamentaliste basé sur les Dix commandements, le gourou ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) avait le pedigree idéal pour cristalliser, il y a quatre ans, les efforts africains des pisteurs américains : embrigadement d’enfants soldats qui auraient représenté, à certaines périodes, 80 % des effectifs de la LRA ; assassinats en série des proches de ceux qu’on enrôlait ; constitution, pour le leader, d’un harem de quarante à soixante esclaves sexuelles à peine pubères ; décapitations, mutilations, viols ou écrasement de nouveaux-nés dans des mortiers…

Selon l’ONU, l’organisation terroriste aurait massacré plus de 100 000 personnes, enlevé plus de 60 000 enfants et provoqué le déplacement d’au moins 1,7 million de personnes. En 2005, la Cour pénale internationale délivrait un mandat d’arrêt à l’encontre de Kony pour 12 crimes contre l’humanité et 21 crimes de guerre.

La fin de six ans d’opérations

Les effectifs de la LRA n’ont pas toujours été pléthoriques : 300 à 400 combattants, selon un câble diplomatique révélé en 2013 par WikiLeaks. Mais Joseph Kony reste insaisissable, navigant habituellement entre l’Ouganda et l’est de la Centrafrique, en passant par le nord de la République démocratique du Congo et le Sud-Soudan. Après l’exécution du fondateur d’Al-Qaïda, et sous la pression d’une campagne menée par des activistes, Barack Obama avait envoyé une centaine de conseillers militaires dans ces zones. Objectif : décapiter l’Armée de résistance du Seigneur.

Vendredi dernier, le général Tom Waldhauser, commandant des forces américaines en Afrique (Africom), affirmait que la LRA avait été réduite à « l’insignifiance ». L’armée américaine indique qu’elle met donc fin à six ans d’opérations dans la zone, après avoir dépensé entre 600 et 800 millions de dollars, et capturé plusieurs centaines de membres de la milice ougandaise. Comme à son habitude, Joseph Kony a pris la poudre d’escampette et laisse ses lieutenants payer les pots cassés…

Couverture

L’actu n’attend pas !


Couverture

Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez en souscrivant à l'Edition Digitale de Jeune Afrique

Je m'abonne J'achète ce numéro