Dialogue en RDC : les évêques mettent fin à leur médiation et dénoncent l’impasse des discussions

Les évêques catholiques se rendent à une réunion à Kinshasa le 21 décembre 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

La Conférence épiscopale nationale des évêques (Cenco) a mis fin à la médiation entre le pouvoir et l'opposition, a-t-elle indiqué lundi, tard dans la soirée. Les évêques en appellent à la responsabilité du chef de l'État pour la poursuite des négociations.

« La Cenco n’entend pas conduire les bons offices indéfiniment », a fait savoir cette dernière lundi 27 mars, après plus de trois mois passés à arbitrer le dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition.

« À ce niveau, la Cenco porte à la connaissance de l’opinion tant nationale qu’internationale l’impasse politique de ces discussions » a souligné Mgr Marcel Utembi, président de la Cenco, dans son discours de clôture des travaux portant sur « l’arrangement particulier », ce document additif du compromis politique signé le 31 décembre 2016 sous l’égide des évêques dans lequel toutes les modalités d’application de l’accord entre le pouvoir et l’opposition devaient être définies, mais qui n’a toujours pas été adopté.

Les discussions dans l’impasse

Devant la presse, le vice-président de la Cenco, Mgr Fridolin Ambongo, a pour sa part déploré « les jeux d’intérêt partisans qui priment sur l’intérêt de la nation ». « Il y a des petites questions qu’on pouvait facilement traiter qu’on fait traîner en longueur comme si la souffrance du peuple ne leur disait rien », a-t-il renchéri, regrettant qu’aujourd’hui, « plus personne ne parle des élections ».

Très critique envers « la classe politique », dont il pointe « l’inconscience et l’insensibilité par rapport à la gravité de la situation », en référence notamment aux violences dans le Kasaï (centre) et dans l’est de la RDC, Mgr Fridolin Ambongo a lancé un appel au peuple, affirmant que « la pression ne peut venir uniquement de la Cenco ».

Appel au chef de l’État

Pour conclure, la Cenco « en appelle à l’implication personnelle et à la responsabilité du Chef de l’État en tant que garant de la nation, dans la mise en oeuvre rapide de l’accord de la Saint-Sylvestre« . Dans ce compromis, le chef de l’État congolais – dont le mandat est échu depuis le 20 décembre –  peut rester au pouvoir, mais il doit nommer un Premier ministre issu du Rassemblement, la principale plateforme de l’opposition.

« Après trois mois de médiation, nous constatons que les évêques ont échoué dans la mission que le président Joseph Kabila leur avait confiée. Le chef de l’État, en sa qualité de garant de la nation, va prendre ses responsabilités », a réagi mardi Barnabé Kikaya Bin Karubi, conseiller diplomatique du chef de l’État en visite à Berlin, contacté par JA.

Nous avons fait tout ce qui était dans la mesure du possible

« Nous prenons acte de la déclaration de la Cenco qui vient de mettre fin à la médiation. C’est un jour triste pour le Congo et pour les Congolais », a déclaré lundi devant la presse Félix Tshisekedi (le fils d’Étienne), de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Parlant au nom du Rassemblement de l’opposition, il a estimé que ce dernier avait « fait tout ce qui était dans la mesure du possible pour essayer de trouver une solution à cette crise qui est due au fait qu’on n’a pas organisé des élections libres et démocratiques dans ce pays ».

Le Rassemblement, qui est parvenu, bon an, mal an, à rester soudé après la disparition d’Étienne Tshisekedi le 1er février à Bruxelles, s’exprimera publiquement ce mardi, à Kinshasa, au sujet de la situation politique en RDC, a indiqué le fils de l’opposant historique.

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