Tchad : trois mouvements d’opposition citoyenne lancent la campagne « Tournons la page »

Place de la Nation à N'Djamena, au Tchad. © Abdoulaye Barry pour JA

Trois petits mouvements d’opposition ont lancé samedi une campagne en faveur de l’alternance démocratique. Ils se veulent indépendants des partis et tendent la main aux syndicats, dans un climat social et politique tendu.

Ils étaient quelques dizaines à se rassembler à la Bourse du travail de N’Djamena, ce samedi 25 mars, à l’occasion du lancement de la campagne « Tournons la page – Tchad ». « L’idée, c’est de fédérer les associations de l’opposition » nous dit Nadjo Kaina, qui prend la tête de la coordination.

Trois petits groupes rejoignent l’initiative : le mouvement « Iyina », dont Kaina était déjà porte-parole, les coalitions « Trop c’est trop » et « Ça suffit ».

« Tournons la page – Tchad » a adopté les grandes lignes du mouvement panafricain « Tournons la page », qui agit depuis Paris et dispose de groupes dans différents pays, comme la République démocratique du Congo, le Burundi, ou le Gabon. Le gros de l’action du mouvement se concentre sur « l’exigence de l’alternance au pouvoir », nous dit Laurent Duarte, militant du bureau parisien.

Mouvement non-partisan

Parmi les activités à venir de la campagne donc, des sensibilisations au vote et à la mobilisation citoyenne. Pour le moment, l’annonce de lancement de la campagne n’a pas suscité de commentaires de la part des partis de l’opposition. « Nous sommes un mouvement non-partisan et pour le moment, nous ne leur avons pas directement parlé » explique Kaina.

Mais la campagne « Tournons la page – Tchad » compte bien se rallier au mouvement social, notamment estudiantin, qui couve depuis le début de l’année scolaire. Nadjo Kaina, 27 ans, pourra d’ailleurs utiliser à cet effet ses réseaux : il a été président de l’Union des étudiants du Tchad (UNET) et arrêté à deux reprises pour ses activités en tant que syndicaliste.

Les militants de « Tournons la page – Tchad » ne cachent pas que le climat social et politique tchadien leur est profitable : « Les gens en ont marre et demandent à être écoutés. Sauf qu’ils ne le sont pas, du fait du manque de démocratie » tranche Kaina. Qui précise : « De nombreux militants de la campagne sont par ailleurs des syndicalistes. Ce sera notre force ».