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Tanzanie : 24h de détention pour le rappeur Nay wa Mitego, accusé d’avoir critiqué le président John Magufuli

Par Jeune Afrique avec AFP

Le rappeur Nay wa Mitego dans l'un de ses clips. © Mziiki/Capture d'écran You tube

Le rappeur tanzanien Nay wa Mitego, Emmanuel Elibariki de son vrai nom, a été libéré ce lundi sur ordre du gouvernement au lendemain de son arrestation pour insulte au chef de l’État.

Cette libération s’est faite en l’échange d’une caution. C’est en tout cas ce qu’a indiqué le chef de la police de Dar es Salaam, Simon Sirro, au journal Mwananchi.  

Après son arrestation dimanche 26 mars, à l’aube, à Morogoro, à quelque 200 km à l’ouest de Dar es Saalam, le chanteur avait été transféré dans la journée dans la capitale.

« Merci à tous ceux qui se sont levés, pour me soutenir, pour soutenir les droits », a réagi le rappeur 24h plus tard à sa sortie du commissariat.

Sa remise en liberté a été ordonnée lundi 27 au matin, par le nouveau ministre de la Justice Harrison Mwakyembe, précisant qu’il s’agissait de la volonté du président John Magufuli lui-même.

La chanson censurée 24h

Plus tôt dans la journée, la chanson Wapo, qui avait valu au chanteur d’être arrêté, avait été interdite de diffusion sur les radios et télévisions locales.

 

 

« Cette chanson, le président l’aime beaucoup et il demande que Nay wa Mitego soit libéré et poursuive ses activités. Il y a cependant lieu d’améliorer la chanson en y ajoutant les coupables de fraude fiscale, les consommateurs de drogue » en plus de ceux déjà visés par le rappeur, a déclaré le ministre Harrison Mwakyembe aux journalistes.

Le Président a par ailleurs levé l’interdiction de diffusion de la chanson.

Crever les abcès

Dans son nouveau morceau sorti la semaine dernière, Emmanuel Elibariki interpellait à mots couverts et en swahili le président Magufuli : « Qui êtes-vous maintenant? Ne voulez-vous pas entendre de conseil ? Ne voulez-vous pas être critiqué ? », s’adressant à une personne qu’il surnomme « le docteur spécialiste de la crevaison des abcès ».

Cette expression est régulièrement utilisée par John Magufuli pour rappeler aux Tanzaniens qu’il n’hésitera jamais à « crever les abcès », autrement dit à limoger ceux qui ne mettent pas en oeuvre sa politique ou n’obéissent pas à ses ordres.

Surnommé « tingatinga », le « bulldozer » en swahili, le président Magufuli a marqué les esprits depuis son élection en déployant un style direct, voire abrupt, dans son exercice du pouvoir. Au point que ses détracteurs le qualifient désormais d’autoritaire et de populiste.

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