Maroc : les islamistes au pouvoir suspendent leur journal, Attajdid

Le nouveau chef du gouvernement, Saadeddine El Othmani, accompagné de Mustapha Ramid et de Mohamed Yatim, membres des instances dirigeantes du Parti justice et développement (PJD) le 25 mars 2017. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Attajdid, le journal porte-parole de l'aile idéologique du PJD, va cesser de paraître à partir de jeudi. La direction évoque des difficultés financières, conséquence des six mois de blocage des négociations gouvernementales.

Le Mouvement unicité et réforme, aile idéologique du Parti justice et développement (PJD, au pouvoir), a annoncé la suspension de son journal hebdomadaire Attajdid (Renouveau) ainsi que de son site d’information Jadidpress.

Boycott publicitaire ? 

Dans un communiqué publié ce lundi 27 mars, la direction de l’hebdomadaire islamiste annonce que ce dernier cessera de paraître à parti de jeudi 30 mars pour « des raisons économiques ». « Le blocage politique qui dure depuis octobre (incapacité du PJD à créer un gouvernement, ndlr) s’est répercuté sur notre situation financière. Plusieurs grands annonceurs ont rompu leurs contrats avec notre journal pour des raisons incompréhensibles », a déclaré à Jeune Afrique Jawad Echchafadi, directeur de publication de Attajdid.

Le journal a été créé en 1999, au lendemain de la naissance du PJD (fruit d’une alliance entre le Mouvement de l’unicité et de la réforme – le MUR – et le Mouvement populaire démocratique et constitutionnel de Abdelkrim El Khatib). Il a succédé à deux anciens journaux qui étaient les porte-voix des islamistes : « Arraya » (drapeau) et « Al Islah » (Réforme). L’hebdomadaire employait 32 personnes, entre journalistes et cadres administratifs, et tirait à 6 916 numéros, selon les chiffres 2016 de l’Organisme marocain de justification et de diffusion (OJD). Officiellement, il est rattaché au MUR mais il traduit surtout les positions du PJD.

Porte-voix des islamistes

De grands noms du parti islamiste avaient dirigé cet hebdomadaire depuis sa création : Ahmed Raissouni, idéologue du MUR, Abdelilah Benkirane, le chef de gouvernement sortant et secrétaire général du PJD ainsi que Mustapha El Khalfi, ancien ministre de la Communication.

Après avoir constaté l’incapacité de Abdelilah Benkirane à former un gouvernement, le roi du Maroc l’a écarté du pouvoir et a nommé à sa place son collègue Saâdeddine El Othmani. Samedi 25 mars, ce dernier a annoncé être parvenu à constituer sa coalition. La composition finale du gouvernement sera connue « dans les plus brefs délais ».

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici