Mali : quels groupes armés participeront à la Conférence d’entente nationale ?

Par Jeune Afrique avec AFP

Des soldats maliens accompagnés d'anciens rebelles en patrouille à Gao, dans le nord du Mali, le 23 février 2017. © Baba Ahmed/AP/SIPA

Les tractations impliquant autorités maliennes et médiateurs se sont poursuivies ce dimanche pour tenter de convaincre groupes armés et membres de l'opposition de participer à la Conférence d'entente nationale prévue par l'accord d'Alger. Elle doit s'ouvrir ce lundi.

Cette rencontre, qui doit se dérouler à Bamako jusqu’au 2 avril selon le programme officiel, est prévue par l’accord d’Alger pour la paix au Mali, et est présentée comme un jalon essentiel pour la réconciliation dans le pays.

Ce calendrier initial demeurait en vigueur dimanche 26 mars en fin de journée. Mais la veille, l’ex-rebellion à dominante touareg de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) a exprimé son désaccord avec le calendrier en question. Elle souhaite que la conférence se prolonge au-delà du 2 avril, et dure « plusieurs semaines pour traiter tous les problèmes », comme l’a précisé un de ses responsables, Oumar Ag Mohamed, à l’AFP.

« Si nous avons un document écrit pour dire que l’ouverture sera lundi, comme début du processus de la Conférence d’entente mais que ce processus va se poursuivre au-delà du 2 avril, nous irons » aux assises, a confirmé dimanche après-midi un autre responsable du mouvement.

Samedi soir, un des mouvements de la Plateforme, qui réunit des groupes armés pro-gouvernementaux, est pour sa part revenu sur son refus, indiquant qu’il participerait finalement à la conférence, sans préciser le motif de ce revirement. Depuis, aucun nouveau développement n’a été communiqué.

Boycott annoncé

Pourtant, la CMA et la Plateforme avaient annoncé vendredi 24 mars, dans une déclaration commune leur refus de participer à la Conférence, dénonçant notamment un « manque de concertation et d’inclusivité ».

Le jour même, les partis politiques de l’opposition avaient à leur tour fait savoir qu’ils n’y prendraient pas part.

« La gouvernance catastrophique actuelle doit être inscrite à l’ordre du jour. On ne peut pas organiser une rencontre aussi sérieuse à la hâte », avait notamment expliqué à l’AFP un de leurs porte-parole, Iba Ndiaye.

Depuis l’annonce de ces boycotts, des pourparlers impliquant autorités et médiation internationale ont été engagés « pour que tout le monde soit au rendez-vous » à l’ouverture de la rencontre lundi. L’espoir des médiateurs d’atteindre cet objectif restait toutefois « mesuré » ce dimanche.