États-Unis : pour Donald Trump, c’est « America first »… et l’Afrique en dernier

Le président américain Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 28 janvier 2017. © Alex Brandon/AP/SIPA

Le président américain Donald Trump a publié son premier projet de budget, intitulé « America First ». Celui-ci prévoit de réduire drastiquement l’aide extérieure des États-Unis. L’Afrique est en première ligne.

Donald Trump l’a promis à ses électeurs : désormais, ce sera « America First » (« l’Amérique en premier »). C’est d’ailleurs ainsi qu’il titré son premier projet de budget, pour 2018, publié le 16 mars. Le président américain veut notamment réduire la dotation au Département d’Etat (le ministère des Affaires étrangères) et à USAid, l’agence pour l’aide extérieure, de 10 milliards de dollars (soit près d’un tiers).

Certains pays du continent sont en première ligne, comme l’Éthiopie, troisième récipiendaire mondial d’aide américaine avec 513,6 millions de dollars attendus en 2017.

L’administration Trump veut aussi couper totalement le financement de certaines agences, comme l’African development foundation, doté de 28 millions de dollars chaque année pour financer des petites entreprises du continent. Elle envisage par ailleurs de réaliser des économies dans les programmes d’échange, là où Barack Obama avait fait créer un programme d’accueil et de formation de jeunes leaders africains.

Seuls les programmes d’aide médicale (vaccinations et lutte contre le VIH notamment) sont sanctuarisés.

La BAD et l’ONU dans le viseur

Mais le continent pourrait surtout être touché par ricochet. Ainsi, Donald Trump veut arrêter de financer le Fonds vert pour le climat, destiné à aider les pays les plus vulnérables à s’adapter au réchauffement climatique. Les États-Unis s’étaient engagés à lui verser 2 milliards de dollars supplémentaires.

Il compte en outre réduire de 650 millions de dollars sur trois ans ses financements aux banques de développement, comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD). Et réduire sa contribution à l’ONU, au moment où elle fait face, en Afrique et au Moyen-Orient, à la « pire crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale ».

Washington est le principal bailleur des missions de maintien de la paix (28%) et les trois quarts de ses budgets sont affectés au continent : 1,2 milliards de dollars pour la RD Congo (la plus chère), 0,9 milliards au Mali et autant en Centrafrique.

« Pour l’instant, ce n’est qu’un projet qui sera discuté au Congrès jusqu’en octobre », assure une source au Département d’État, où l’humeur est néanmoins bien sombre depuis l’élection de Donald Trump.

Le budget de la défense augmente

À noter que certains pays, notamment du Sahel et de l’Afrique du Nord, pourraient « récupérer » une partie de ces budgets, sous une tout autre forme. Trump prévoit en effet d’augmenter le budget de la défense de 52 milliards de dollars (soit cinq fois plus que les économies réalisées au Département d’État). Cela lui permettra de conserver, intacte, son aide militaire à Israël.

Mais il veut aussi consacrer une partie de cette manne à combattre ce qu’il définit comme l’ennemi prioritaire des Etats-Unis : l’organisation État islamique. Tout indique que la nouvelle administration compte le faire avec une stratégie de « présence légère » : utilisation des drones (pour lesquels une base à 50 millions de dollars est en construction à Agadez, au Niger), intervention de forces spéciales et surtout soutien aux « alliés qui se battent sur le terrain », comme le projet de budget l’indique noir sur blanc.