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Sénégal : Khalifa Sall de nouveau convoqué par le juge d’instruction

Khalifa Sall se rendant à la convocation du doyen des juges d’instruction au palais de justice de Dakar, le 7 mars 2017. © Youri Lenquette/JA

Entendu sur le fond vendredi dernier, le maire de Dakar est de nouveau convoqué par le juge d'instruction ce jeudi. Il pourrait notamment être confronté à ses co-accusés par le magistrat.

Khalifa Sall va de nouveau quitter temporairement sa cellule de la prison de Rebeuss pour être entendu par le juge d’instruction. Le maire socialiste de la capitale, inculpé pour détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, ou encore faux et usage de faux, est convoqué jeudi 23 mars à partir de 9h au tribunal de grande instance de Dakar par le juge Samba Sall, le doyen des juges d’instruction en charge de l’affaire qui agite le Sénégal depuis fin février.

Accusé d’avoir détourné 2,7 millions d’euros de 2011 à 2015 à travers la « caisse d’avance » de sa municipalité, Khalifa Sall avait été placé sous mandat de dépôt avec cinq de ses sept co-accusés le 7 mars. Comme eux, il a été entendu une première fois sur le fond par le magistrat instructeur, le 17 mars. Il avait alors répété à ce dernier ce qu’il assure à tout le monde depuis des semaines : « Je n’ai pas détourné d’argent ».

Vers une confrontation avec le « DAF » ?

Selon ses avocats, l’édile de la capitale et rival putatif du président Macky Sall à la prochaine présidentielle devrait, lors de cette nouvelle audition, être confronté à certains de ses co-accusés. « Tout le monde s’y attend. Lors des premières auditions individuelles sur le fond, tous ont déclaré au juge ce qu’ils avaient à dire. La suite logique des choses serait maintenant que le juge procède à des confrontations », affirme Me Koureyssi Ba, visiblement peu inquiet car les différents co-accusés, y compris son client, n’auraient pas fait de déclarations contradictoires pendant leurs interrogatoires sur le fond.

Khalifa Sall pourrait notamment être confronté à Mbaye Touré, le directeur administrateur et financier (DAF) de la mairie de Dakar, qui est en première ligne avec lui dans cette affaire. Les deux hommes étaient en effet en relation directe pour tout ce qui concerne les finances de la mairie, et notamment sur la gestion de la fameuse « caisse d’avance » qui fait aujourd’hui polémique.

Alors que la procédure progresse rapidement dans ce dossier, la défense de Khalifa Sall espère maintenant que l’instruction sera bientôt bouclée. Elle devrait aussi prochainement introduire une demande de mise en liberté provisoire de l’élu socialiste.