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Infrastructures : Rebrab appelle les entreprises à porter un grand projet ferroviaire panafricain

Par - Envoyée spéciale à Genève

Le train express Kinshasa-Matadi au départ à la gare centrale de Kinshasa le 25 juin 2016. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA.

Le président-fondateur du groupe agro-industriel algérien Cevital a présenté son projet ferroviaire transcontinental africain à l'occasion de la 5e édition de l'Africa CEO Forum qui s'est tenu lundi 20 et mardi 21 mars à Genève.

Le PDG et fondateur du groupe diversifié Cevital a réuni une quarantaine d’entreprises pour les inviter à construire ensemble un projet de ligne ferroviaire reliant l’Algérie à la Zambie afin de désenclaver les pays et de multiplier les échanges.

« Ce que je vous propose c’est un grand projet d’infrastructures, le premier projet ferroviaire transcontinental d’Afrique, qui ira de la Méditerranée à la Zambie, voire à l’Afrique du Sud », a appelé Issad Rebrab, fondateur et président de Cevital devant un parterre de chefs d’entreprises africains et de représentants des bailleurs de fonds, réunis mardi 21 mars en marge de l’Africa CEO Forum.

Cette ligne ferroviaire, qui s’appuierait en partie sur des rails existants, traverserait des pays enclavés, comme le Tchad et la République centrafricaine. « Les pays qui n’ont pas accès à la mer sont aussi ceux qui ont le plus faible PNB, qui ont un problème de compétitivité et d’exploitation de leurs richesses » , a ajouté le patron du premier groupe privé algérien, notamment présent dans l’agroalimentaire et l’électroménager et qui profite, sur son complexe industriel de Béjaïa, d’un accès portuaire direct.

Relier l’Algérie à la Centrafrique demande au minimum 45 jours par bateau.

Plus facile à entretenir et moins cher que la route (« 25 dollars par tonne sur la nouvelle ligne Addis-Abeba – Djibouti, contre 47 dollars par la route »), le ferroviaire est par ailleurs plus rapide que le transport maritime, sur lequel reposent de nombreux pays enclavés, a-t-il insisté. « Relier l’Algérie à la Centrafrique demande au minimum 45 jours par bateau, a rappelé Issad Rebrab. Il faudrait deux jours et demi par le rail. »

Le coût de ce projet s’établirait autour d’un million de dollars par kilomètre de rail, sur un terrain plat, allant jusqu’à six fois plus sur des terrains pentus ou accidentés, mais les bénéfices de cette installation seront visibles, a-t-il insisté, sur le PIB des pays, l’emploi ou encore la balance commerciale. « Est-ce que c’est rentable ? Oui. Le problème n’est pas la faisabilité technique ou financière mais notre capacité à aller rapidement, à convaincre les décideurs des pays concernés. »

Ce dernier point inquiétait nombre de participants, pourtant globalement réceptifs à ce projet. « Mon pays est aujourd’hui à 2 000 km du premier port accessible, celui de Douala, et nous réfléchissons justement depuis plusieurs années à la façon dont nous pourrions développer le rail », a réagi avec enthousiasme un industriel tchadien.

Une « task force » constituée par des chefs d’entreprises

Interrogé par Slim Othmani, patron de NCA Rouiba, sur la source d’énergie qui alimenterait ce train, le PDG de Cevital a répondu qu’il ne pourrait « de manière réaliste » pas être entièrement alimenté à l’électricité dans un premier temps, mais que même alimenté aux hydrocarbures le transport ferroviaire reste moins polluant que la route.

À l’issue de la rencontre, une « task force » sera constituée par des chefs d’entreprises pour préciser les contours du projet et le présenter à l’Union Africaine mais aussi à l’Union européenne, qui souhaite mettre en place de nouveaux financements pour les infrastructures africaines.

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