« Kidal », l’album de Tamikrest en hommage aux Touaregs du nord du Mali

Détail de la pochette de l'album "Kidal" du groupe Tamikrest, sorti en mars 2017. © DR

Le groupe touareg sort un cinquième album en hommage à une ville toujours sous tension.

« La situation sécuritaire ne nous permet pas de faire un concert à Kidal tout de suite », concède Aghaly Ag Mohamedine, du groupe touareg malien Tamikrest. Celui-ci vient de sortir, le 17 mars, un album qui porte le nom de la ville du Nord du Mali. « Ce n’est pas l’envie qui nous manque pourtant » assure encore le musicien : « Kidal, c’est notre premier public, notre jeunesse. C’est pour eux qu’on écrit. »

Le disque produit chez Glitterbeat a cependant été « pensé et préparé à Tinzaouaten, d’où plusieurs membres du groupes sont originaires et qui est dans la région de Kidal », continue encore Aghaly Ag Mohamedine. Et pour ce cinquième opus, les rockeurs ont été en studio à Bamako. Leur troisième album, Chatma, lui, n’avait même pas pu être enregistré au Mali : en plus de l’hostilité des jihadistes envers les musiciens, le groupe de Touaregs ne se voyait pas enregistrer dans la capitale malienne en toute quiétude. L’hostilité envers les Touaregs était encore trop vive.

D’autant plus que dans la droite lignée de Tinariwen, le célèbre groupe malien issu de la même région, les questions abordées en chanson par Tamikrest sont largement liées à la lutte culturelle et politique du peuple touareg. Pour Aghaly Ag Mohamedine, les préoccupations artistiques et politiques ne sont pas éloignées. « La Coordination des mouvements de l’Azawad [CMA, coalition de mouvements rebelles touaregs, NDLR] a beaucoup fait pour cet accord mais les autres parties ne font pas preuve de bonne volonté. Résultat, les choses n’avancent pas », assure-t-il.

Après un quatrième album presque passé inaperçu, Tamikrest revient avec onze pistes qui oscillent entre blues et rock, entre acoustique et électrique, sur un fond toujours traditionnel et en langue tamashek. Identitaire, Tamikrest se veut malgré tout universel. Le groupe a d’ailleurs totalement intégré le guitariste français Paul Salvagnac, présent depuis quelques années déjà sur tous les projets. Le producteur, Mark Mulholand, est lui aussi européen. Et Aghaly Ag Mohamedine précise : « On a même ajouté de la mandoline kabyle et d’autres instruments africains pour être plus accessibles. »

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