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Au Kenya, députés et sénateurs vont devoir se serrer la ceinture

Uhuru Kenyatta fait campagne pour sa réélection. © Frank Franklin II/AP/SIPA

Lors de son discours à la nation ce mercredi, le président kényan Uhuru Kenyatta a appelé à une baisse drastique du salaire des parlementaires et des hauts fonctionnaires.

Uhuru Kenyatta a demandé à ce qu’à l’avenir, les salaires « ahurissants » des parlementaires et des hauts fonctionnaires soient revus à la baisse, selon le Financial Times. Pour le président du Kenya, qui donnait son discours d’adresse à la nation devant le Parlement mercredi 15 mars, les traitements élevés des salariés de l’administration sont « une des principales menaces à notre bien-être économique et national ».

Selon Kenyatta, la moitié du budget du gouvernement serait monopolisée par le secteur public, et ne bénéficierait donc qu’à 2% de la population. De leur côté, les députés, qui remettront leur siège en jeu en août prochain, gagnent l’équivalent de 76 fois le PIB par tête du Kenya, selon une enquête menée en 2013 par le FMI et le Parlement britannique.

Les députés gagnent l’équivalent de 76 fois le PIB par tête du Kenya.

Ce système les place en seconde position juste derrière les Nigérians. Dans la plupart des pays développés, le salaire des parlementaires se situe plutôt autour de quatre fois le PIB par tête. En France, par exemple, un député reçoit 7 100 euros par mois, en cumulant l’indemnité de base et les indemnités de fonction et logement.

Les députés nigérians disposent par ailleurs de divers avantages, des voitures de fonction par exemple. En cumulé, cela permet à certains d’entre eux de percevoir jusqu’à 12 500 dollars (11 600 euros) par mois en traitements et avantages divers.

Un message en direction des médecins

Cette première annonce du président kényan a été suivie d’une autre, selon laquelle les économies ainsi obtenues permettraient d’accroître les revenus d’autres fonctionnaires plus modestes tels que les enseignants, les gardiens de prison ou les médecins.

Une idée qui tombe à pic, deux jours après que le gouvernement est parvenu à un accord avec les médecins du secteur public, en grève depuis 100 jours.

Dans la fonction publique kényane, les plus gros salaires sont 60 fois plus élevés que les salaires les plus bas.

Une commission sur les salaires et rémunérations doit par ailleurs rendre ses recommandations le mois prochain. Dans la fonction publique kényane, les plus gros salaires sont 60 fois plus élevés que les plus bas. Selon son porte-parole, la commission prévoit notamment de recommander la réduction de cette différence, passant de 60 à 20 salaires d’écart. Elle se préparerait aussi à recommander la réduction de la part des salaires du secteur public de 9% à 7,5% du budget.

Lors de son discours d’adresse à la nation, Uhuru Kenyatta, qui fait également campagne pour sa réélection, a vivement encouragé les députés à adopter la réforme à venir.

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