Nigeria : Boko Haram pille et incendie des maisons à Magumeri, dans le nord-est

Par Jeune Afrique avec AFP

Un soldat nigérian près d'un checkpoint à Gwoza, au Nigéria, le 8 avril 2015. © Lekan Oyekanmi/AP/SIPA

Des combattants du groupe terroriste Boko Haram ont mené mercredi une attaque contre Magumeri, ville du nord-est du Nigeria, pillant et incendiant des maisons face à des forces de sécurité impuissantes, ont rapporté des habitants jeudi. L'armée indique pour sa part avoir repoussé les assaillants.

Un grand nombre d’insurgés sont arrivés aux alentours de 18h30, heure locale, mercredi 15 mars en pick-up, à moto et à pied, lourdement armés, notamment de lance-roquettes, forçant les habitants de Magumeri, ville située à une cinquantaine de kilomètres de Maiduguri, capitale de l’État du Borno, à fuir.

Cette ville, qui comptait plus de 100 000 habitants avant le début de l’insurrection islamiste en 2009, était pourtant considérée comme relativement sécurisée.

« Ils ont pillé les magasins et les maisons et ont emporté toute la nourriture qu’ils trouvaient », a raconté à l’AFP un habitant, Kulo Sheriff, qui a réussi à s’échapper puis a pu regagner la ville le lendemain matin.

« Ensuite ils ont mis le feu aux maisons avant de repartir dans la brousse », a-t-il poursuivi.

L’armée nigériane, prise pour cible ?

Les membres de Boko Haram avaient auparavant attaqué une base militaire et un commissariat de police de Magumeri, où des échanges de tirs sont intervenus, selon Babakura Kolo, un membre des milices civiles.

Mais les forces de sécurité se sont rendues, laissant le champ libre aux pillages, a-t-il dit.

De son côté, l’armée nigériane assure avoir repoussé les combattants, en avoir « neutralisé un grand nombre » et avoir saisi trois véhicules et « de grandes quantités d’armes et de munitions ».

Compte tenu des restrictions d’accès de l’armée nigériane, la zone n’était pas accessible, rendant impossible toute vérification indépendante.

Boko Haram affaibli

Cette attaque montre que Boko Haram est toujours capable de mener des raids sur des villes importantes, bien que les autorités assurent que le groupe est en train d’être battu et a été chassé de son bastion, la forêt de Sambisa.

Cependant, les pillages à répétition indiquent que les combattants sont affaiblis et leurs attaques sont plus destinées à trouver de la nourriture qu’à mener un jihad, comme ce fut le cas jusqu’en 2015. « Les combattants de Boko Haram meurent de faim dans la brousse, il y a très peu de nourriture », explique le milicien. « Ils sont poussés par la faim. »