Libye : un cessez-le-feu signé à Tripoli après quatre jours de combats entre milices

Par Jeune Afrique avec AFP

Vue de Tripoli, en Libye, en 2015. © Mohamed Ben Khalifa/AP/SIPA

Un accord de cessez-le-feu a été signé dans la nuit de mercredi à jeudi à Tripoli sous l’égide du gouvernement libyen d’union nationale (GNA), afin de mettre un terme aux combats qui paralysant la capitale pendant quatre jours.

Selon le communiqué du ministère de la Défense publié ce jeudi 16 mars, l’accord prévoit un « cessez-le-feu immédiat » dans la capitale, le départ des milices armées de Tripoli dans un délai de 30 jours, ainsi que la libération des personnes arrêtées durant les quatre derniers jours.

L’accord a été signé par le GNA, les ministères de la Défense et de l’Intérieur et les chefs de milices de Tripoli et Misrata, ville de l’ouest libyen, d’où sont originaires plusieurs groupes armés présents dans la capitale.

Retour du calme jeudi matin

Les combats ont débuté dans la soirée du lundi 13 mars, après l’assassinat d’un des gardes d’une banque. Ils se sont ensuite concentrés mercredi soir dans le quartier de Salaheddine, au sud de la capitale, où plusieurs milices rivales occupent des casernes. Mais jeudi matin, le calme était globalement de retour dans Tripoli et sa périphérie.

Selon l’accord signé, les secteurs sous la coupe de milices rivales doivent être sécurisés par des forces loyales au GNA. Celles-ci ont réussi à gagner en influence dans la capitale en s’emparant de plusieurs secteurs contrôlés par des milices, dont celles fidèles à l’ancien chef d’un gouvernement non reconnu, Khalifa Ghweil, écarté du pouvoir à Tripoli après la formation du GNA.

Insécurité chronique

Selon des analystes, l’opération des forces loyales au GNA aurait été menée dans le cadre de l’application de l’accord politique inter-libyen signé en décembre 2015 sous l’égide de l’ONU. Cet accord qui a permis la fondation du GNA prévoit la sortie des groupes armés de Tripoli et des villes libyennes en général.

Mais la capitale libyenne demeure en proie à une insécurité chronique depuis la chute de Mouammar Kadhafi. Le GNA, soutenu par l’ONU, a obtenu le ralliement de certaines milices depuis son entrée en fonction en mars 2016, mais plusieurs secteurs de Tripoli sont toujours hors de son contrôle.