RD Congo : Kinshasa proteste contre la visite de Moïse Katumbi en Zambie

Moïse Katumbi, alors gouverneur du Katanga, lors d'une visite de la minoterie Africa Milling Congo Company, à Kinsevere, près de Lubumbashi, le 21 février 2015. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

Le voyage de l'opposant Moïse Katumbi en Zambie n'a pas plu aux autorités congolaises. Celles-ci l'ont fait savoir aux autorités zambiennes dans une lettre officielle datée du 9 mars et à laquelle Jeune Afrique a eu accès.

Dans une lettre adressée au ministère zambien des Affaires étrangères et qu’a pu consulter Jeune Afrique jeudi 16 mars, l’ambassade de RDC en Zambie s’étonne de la présence de l’opposant Moïse Katumbi à Lusaka, la capitale zambienne, lors du match de football entre l’Afrique du Sud et la Zambie le 8 mars.

Au vu des « bonnes relations » entre les deux pays, « il est incompréhensible que la République de Zambie ait accordé un visa en faveur de M. Moïse Katumbi », se plaint l’ambassade de RDC en Zambie dans cette lettre datée du 9 mars.

Le document pointe du doigt le comportement de l’opposant, « susceptible de remettre en cause la paix, la stabilité et le bien-être du peuple congolais ». Pour conclure, l’ambassade de RDC en Zambie demande aux autorités zambiennes de lui indiquer « les motifs qui ont conduit à [son] arrivée » dans le pays.

« Rien ne nous interdit de délivrer de visa à un opposant étranger, fut-il poursuivi dans son pays, dès lors que sa culpabilité n’est pas établie », a déclaré à Jeune Afrique une source diplomatique zambienne.

Katumbi en « homme libre »

En exil depuis son inculpation pour « atteinte à la sûreté intérieure et extérieure », Moïse Katumbi s’est rendu en Zambie le 6 mars sans être arrêté, alors que Kinshasa prétendait il y a quelques mois que le dernier gouverneur du Katanga traînait des casseroles judiciaires dans le pays.

L’opposant poursuit sa tournée en Afrique australe « en homme libre » selon ses dires. Mercredi, il était en Afrique du Sud où il a annoncé avoir commandé 100 000 tonnes de farine de maïs pour les habitants de l’ex-Katanga et du Grand Kasaï.

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