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Canada : un Ivoirien retrouvé inanimé après avoir franchi la frontière par -15 degrés

Par Jeune Afrique avec AFP

Au début du mois de février, les migrants ont dû affronter les températures polaires en franchissant la frontière entre les États-Unis et le Canada. © André Chivinski/CC/Flickr

Un migrant ivoirien, qui habitait aux États-Unis depuis dix ans, a été retrouvé en état d'hypothermie du côté canadien de la frontière après l'avoir franchie illégalement par -15 degrés.

« Inconscient » et « dans des vêtements gelés », il a été retrouvé en hypothermie dans la nuit du 4 au 5 mars, près avoir traversé une rivière et un lac en plein hiver près de la frontière entre les États-Unis et la province canadienne du Québec, selon Eric Taillefer, son avocat. « Il (…) n’arrive que très peu à bouger les doigts ». Il ne peut pas mettre de chaussures car ses pieds sont trop enflés et il a des bouts de peau encore noircis », a raconté à l’AFP Me Taillefer.

Chauffeur de taxi à New York, l’homme dont l’identité n’a pas été révélée, a fui la Côte d’Ivoire en 2006. Le 4 mars, par crainte d’être renvoyé dans son pays d’origine par les autorités américaines, il s’est présenté au poste frontière de Lacolle (Québec) pour déposer une demande d’asile.

Le décret de Donald Trump en cause

Vouloir passer légalement « a peut-être été son erreur », a noté son avocat en référence à l’entente entre le Canada et les États-Unis, dite « sur les tiers pays sûrs », qui l’obligeait à faire cette demande côté américain à sa première entrée.

Depuis le décret anti-immigration de Donald Trump, de nombreux migrants choisissent comme cet Ivoirien de traverser illégalement la frontière pour faire leur demande d’asile au Canada, qui ne peut alors les renvoyer aux États-Unis.

« 2 ou 3 % » de chances de réussir

Après avoir vu sa demande refusée au poste de Lacolle, « il a attendu la nuit pour traverser la frontière à pied » par les chemins forestiers, selon Me Taillefer, qui tente de régulariser la situation de son client par une procédure parallèle qui n’a que « 2 ou 3 % » de chances de réussir.

Son client ayant frôlé la mort, son avocat va plaider le volet humanitaire, un processus prenant plus de 2 ans. « Une course contre la montre » est engagée car « il n’y a pas grand chose » qui s’oppose à son renvoi, et il pourrait être expulsé « assez rapidement », selon Me Taillefer.

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