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Nigeria : le chef d’Ansaru inculpé pour enlèvements et assassinats d’étrangers

Par Jeune Afrique avec AFP

Des officiers de sécurité nigérians près du village de Janjala en février 2017. © Lekan Oyekanmi/AP/SIPA

Le leader du groupe islamiste Ansaru, une faction dissidente de Boko Haram, a comparu mardi devant un tribunal de la capitale nigériane, Abuja.

Jusqu’à son arrestation en avril 2016, Khalid Al-Barnawi figurait sur la liste noire des États-Unis. Désormais, il doit répondre des accusations de la justice nigériane, qui l’a formellement inculpé d’enlèvement et d’assassinat de 10 étrangers.

Six autres accusés comparaissaient avec Khalid Al-Barnawi. Parmi eux figure Halima Haliru, la deuxième femme de Barnawi, qui est uniquement accusée de ne pas avoir divulgué les informations en sa possession sur des « actes de terrorisme ». Tous ont plaidé non-coupable et ont été placés en détention provisoire jusqu’à la prochaine audience du 11 avril.

Des travailleurs expatriés

Ils sont accusés des enlèvements de travailleurs expatriés au Nigeria entre 2011 et 2013, dont l’ingénieur italien Franco Lamolinara et son collègue britannique Chris McManus. Les deux hommes avaient été tués par leurs ravisseurs à Sokoto (nord), peu après le début d’une opération conjointe de sauvetage britannique et nigériane.

Khalid Al-Barnawi est également accusé de l’enlèvement du Français Francis Collomp et de l’Allemand Edgar Raupach. Le Français avait été enlevé en décembre 2012 et détenu par Ansaru pendant près d’un an avant de réussir à s’échapper lors d’une évasion rocambolesque en novembre 2013.

L’enlèvement de Edgar Raupach fut, au départ, revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avec lequel Ansaru avait des liens. Il avait été tué lors d’une opération militaire à Kano (nord), en mai 2012.

Ansaru avait également revendiqué l’enlèvement et l’assassinat de sept autres ressortissants étrangers – deux Libanais, deux Syriens, un Italien, un Grec et un Britannique – capturés dans l’État de Bauchi (nord) en 2013. Selon l’accusation, les otages avaient été emmenés dans les environs de la forêt de Sambisa, dans l’État de Borno (nord-est), et détenus pendant une dizaine de jours avant d’être tués et enterrés.

La scission avec Boko Haram

Ansaru est une branche de Boko Haram qui a fait dissidence en 2012, en raison de différends idéologiques et d’une rivalité entre le chef du groupe principal, Abubakar Shekau et Al-Barnawi, alors un de ses lieutenants. Originaire de la ville de Biu dans l’État de Borno (nord), il a été formé et entraîné en Afghanistan et en Algérie.

Depuis sa scission avec Boko Haram, le groupe s’est spécialisé dans les attaques et les assassinats de personnalités nigérianes et d’étrangers.

Pour Omar Mahmood, chercheur pour l’Institute for Security Studies (ISS) à Pretoria, ce procès est important, dans la mesure où Al-Barnawi est « peut-être le jihadiste nigérian le plus influent à être jugé » depuis des années. C’était un « dirigeant éminent » qui « représentait la branche du mouvement jihadiste nigérian la plus internationalisée et la mieux connectée » avec d’autres réseaux jihadistes à l’étranger.

Le procès s’annonce très suivi. Le Nigeria n’a pas réussi à traduire en justice la plupart des nombreux jihadistes capturés ces dernières années.

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