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L’ex-ambassadeur de France à Tunis Boris Boillon face aux juges

Par Jeune Afrique

Boris Boillon, ex-ambassadeur de France en Tunisie, en avril 2012. © Bilel Hawari/CC/Wikimedia Commons

Le procès de Boris Boillon, ancien ambassadeur à Tunis et protégé du président Nicolas Sarkozy, débute ce jeudi 23 mars au tribunal correctionnel de Paris.

Il paraît bien loin le temps où Boris Boillon posait en 2011 à la manière de James Bond en couverture d’un magazine tunisien. Ambassadeur de France à Tunis, après un passage à Bagdad, le jeune diplomate est alors l’un des espoirs de la Sarkozie. Six ans plus tard, suspendu par le Quai d’Orsay, il doit répondre aux juges du tribunal correctionnel de Paris, qui l’accusent de blanchiment de fraude fiscale. 

L’affaire remonte au 31 juillet 2013, lorsque Boris Boillon est arrêté à la gare du Nord à Paris. Il s’apprête à monter dans un train, direction Bruxelles. Dans sa mallette, les policiers découvrent des liasses de billets de banque de 500 euros. Il y en a au total pour 350 000 euros et 40 000 dollars. Le magot n’a fait l’objet d’aucune déclaration, alors que le code des douanes oblige les particuliers à déclarer toute somme supérieure à 10 000 euros.

Faux documents

D’où vient cet argent ? Devant les enquêteurs, Boris Boillon affirme que les sommes proviennent de prestations réalisées par sa société Spartago en Irak. Débarqué de son poste d’ambassadeur par François Hollande en 2012, l’intéressé « pantoufle » comme on dit dans le jargon, en se reconvertissant dans le consulting en Afrique et au Moyen-Orient.

Sauf que les documents présentés par Boillon pour justifier ces émoluments seraient des faux, estime la justice. D’où l’accusation de faux et usage de faux pesant aujourd’hui sur lui, et qui s’ajoute à celles de manquement aux obligations déclaratives de transferts de capitaux, blanchiment de fraude fiscale et abus de bien sociaux.

« Papa » Kadhafi

Malgré leurs efforts, les juges n’ont pu déterminer de l’origine exacte de l’argent. Depuis, le mystère alimente les rumeurs sur une possible provenance libyenne. Car l’ancien Sarkoboy ne faisait pas mystère de sa proximité avec le dictateur Mouammar Kadhafi, qu’il surnommait affectueusement « papa », précise le journal Le Monde.

Des amabilités qui remontent à l’élaboration du plan destiné à libérer les infirmières bulgares emprisonnées dans les geôles du colonel. Conseiller Afrique du Nord, Proche et Moyen-Orient du président Nicolas Sarkozy, l’arabisant Boillon se rend à Tripoli  en 2007 afin de participer aux négociations.

Quelques années plus tard, lors de la révolution libyenne de 2011, il contribue également à l’exfiltration à Tunis de Béchir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi. Des connexions libyennes qui devraient se retrouver au cœur des débats lors du procès de l’ancien ambassadeur. 

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