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Congo-Brazza : le FMI entame des discussions sur une possible aide financière

Devant le marché oyo, à Brazzaville, au Congo, en juillet 2012. © Antonin Borgeaud/Les Éditions du Jaguar

Une délégation du Fonds monétaire international était en visite à Brazzaville du 20 février au 8 mars dernier. Présidée par l'économiste sénégalais Abdoul Aziz Wane, elle doit désormais proposer une batterie de mesures d'ajustement pour la République du Congo, en échange de son appui.

Si le FMI envisage d’aider financièrement la République Congo, c’est notamment parce qu’elle est confrontée à la chute des cours du pétrole qui affecte durement son économie.

Présidée par l’économiste sénégalais Abdoul Aziz Wane, ancien représentant en Guinée, une délégation du FMI s’est rendue à Brazzaville, la capitale, ces deux dernières semaines. Le but de cette visite consistait, pour l’organisme international, à entamer des discussions en vue d’un « potentiel arrangement financier qui pourrait être soutenu par le FMI », selon un communiqué.

Le pays n’a désormais plus que deux mois de réserves sur ses importations.

« Le déclin au niveau international des prix du pétrole porte un coup significatif à l’économie » du Congo-Brazza, qui s’est fortement contractée au cours de l’année écoulée, note Abdoul Aziz Wane. L’évolution défavorable des prix du pétrole est venue frapper le pays au moment même où il faisait des efforts pour améliorer ses infrastructures et accroître ses dépenses publiques.

Ce retournement a eu pour effet de faire passer la dette publique à 77% du PIB et d’épuiser les réserves monétaires. Par ailleurs, le pays n’a désormais plus que deux mois de réserves sur ses importations. Et la spirale infernale se poursuit : en 2016, les retards de paiement du gouvernement se sont accumulés et handicapent désormais le bilan des entreprises du secteur privé.

Des mesures dans les semaines à venir

Face à ces difficultés, le FMI souhaite renforcer les capacités du Congo-Brazza, principal contributeur avec la Guinée équatoriale des réserves de change au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Ce qui implique, selon Abdoul Aziz Wane, « un important ajustement fiscal pour consolider la confiance des investisseurs, maintenir la dette publique à un niveau soutenable et stimuler la croissance ». Il s’agira alors de valoriser en priorité les projets d’investissement, tout en essayant de protéger les dépenses sociales.

Les discussions doivent donc se poursuivre « dans les semaines à venir » sur une série de mesures que le Congo devra appliquer en échange de l’appui du FMI. Sa délégation dit cependant être consciente que le paiement de la dette risque de compliquer les efforts de remise sur pied du pays pendant encore au moins trois ans.

Au Congo, les dirigeants du pays ont déjà entamé une opération de réduction du train de vie de l’État. Depuis le début de l’année, une opération de nettoyage du fichier de la fonction publique a par ailleurs été lancée, avec pour objectif de débusquer quelque 20 000 agents fictifs (sur un total de 150 000 en 2015).

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