Maroc : le procès civil des évènements de Gdeim Izik reprend ce lundi

Les forces de l'ordre marocaines démantèlent le camp de Gdeim Izik, près de Laâyoune, au Sahara occidental, le 8 novembre 2010. © AP/SIPA

Ouvert le 26 décembre, le très médiatique procès des 25 sahraouis poursuivis dans le cadre des événements sanglants survenus fin novembre 2010 à Gdeim Izik, reprend ce lundi devant la cour d'appel de Salé. Toujours dans une ambiance tendue.

Le procès des 25 prévenus sahraouis poursuivis dans le cadre des événements de Gdeim Izik reprend, ce lundi 13 mars, devant la cour d’appel de Salé. Condamnés une première fois par un tribunal militaire, les prévenus ont ensuite été présentés le 26 décembre 2016 devant une juridiction civile.

Ils sont accusés d’avoir tué treize personnes, dont onze membres des forces de l’ordre, le 8 novembre 2010, dans le cadre du démantèlement du camp de Gdeim Izik, près de Laâyoune. Ce camp était le théâtre d’événements sanglants entre Sahraouis et forces de l’ordre marocaines.

Pour prouver leur transparence, les autorités marocaines ont autorisé les médias et les observateurs internationaux à couvrir ce procès hors norme qui cristallise les tensions autour du Sahara occidental.

Un procès équitable ?

L’association chrétienne contre la torture et la peine de mort (Acat), qui défend les accusés, dénonce « le contexte hostile » de leur jugement. Dans un communiqué, elle évoque « des interruptions répétées » par le président du tribunal lorsque la défense prend la parole pour parler « de la torture subie par ses clients » ou encore de la nécessité « d’appliquer le droit international humanitaire à leur égard au motif que le Sahara occidental est un territoire occupé ». Elle avance, par ailleurs, que les accusés « sont cantonnés dans une cage en verre d’où ils ne peuvent entendre les débats ».

Les autorités marocaines rejettent ces allégations en bloc, assurant que toutes les conditions d’un procès équitable ont été garanties. « Comme ont pu le constater les observateurs internationaux, les accusés disposent de bancs et de sièges dans un espace séparé du reste de la salle d’audience par les vitres et ont bénéficié de la liberté de sortir de cet espace les trois premiers jours de l’audience », assure la partie marocaine.

Expertise médicale

Les avocats français des accusés pouvaient présenter leurs plaidoiries devant le tribunal à condition qu’elles soient faites en langue arabe, comme le veut la loi marocaine. Cela ne fut pas le cas. En effet, Me Joseph Breham et Ingrid Metton, qui assurent la défense d’une partie des accusés, ont présenté à la cour des documents rédigés en français. Celle-ci n’avait pas le droit de les examiner.

« Le tribunal a accédé à toutes les requêtes de la défense », estime néanmoins Me Brahim Rachidi, avocat d’une des familles des victimes qui se sont constituées partie civile afin de défendre leurs droits. « Il a ordonné une expertise médicale pour vérifier les allégations de torture et a demandé la convocation des agents qui ont rédigé les PV au moment des faits afin qu’ils soient entendus. »

La famille défendue par Me Brahim Rachidi a perdu un de ses fils dans ces événements sanglants ; un jeune gendarme, « écrasé par la Land Rover d’un sahraoui ». Il compte demander réparation pour « ce crime odieux » commis à l’égard « d’un martyr de la nation ».