Niger : un millier de membres présumés de Boko Haram jugés à huis clos

Par Jeune Afrique avec AFP

Capture d'écran d'une vidéo de Boko Haram, rendue publique en octobre 2014. © AP/SIPA

Près d’un millier de présumés combattants islamistes de Boko Haram sont jugés depuis début mars dans la plus grande discrétion au Niger.

« Une série d’audiences pour ‘association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste’ a débuté le 2 mars », a indiqué à l’AFP le procureur de la République Chaibou Samna.

Les prévenus sont des Nigériens, des Maliens et des Nigérians notamment, a-t-il précisé. Les procès vont durer plusieurs mois et concernent surtout des délits – et non des crimes -, dont les peines « ne dépassent pas dix ans de prison », a-t-il relevé. Un dossier peut regrouper 10 à 20 prévenus, a-t-il ajouté.

1 200 détenus en attente de jugement

« Il y a déjà eu des condamnations et un nombre important de personnes relaxées faute de preuves suffisantes », a déclaré le procureur. Certains prévenus ont écopé de « 3 à 9 ans de prison ferme ». Les « crimes » seront jugés ultérieurement par d’autres juridictions, a-t-il assuré.

Fin décembre 2016, Niamey avait annoncé l’accélération des procédures judiciaires à l’encontre des présumés combattants de Boko Haram incarcérés depuis plus d’un an. Ils seraient 1 200 à attendre un jugement depuis 2015, d’après une source sécuritaire. Certains ont été « capturés lors de combats » ou de contrôles « en vertu de l’état d’urgence » imposé dans la région de Diffa, a précisé cette source.

177 civils tués

Depuis le début de l’année 2015, le groupe islamiste mène des attaques meurtrières dans le pays. Au moins 177 civils ont été tués entre février 2015 et septembre 2016 à Diffa, selon l’ONU.

Cette région très proche du nord-est du Nigeria abrite désormais plus de 300 000 réfugiés et déplacés, souvent au milieu d’une population locale déjà très pauvre, selon l’ONU qui demande régulièrement à la communauté internationale d’accroître son soutien financier.