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RD Congo : les négociations pour la libération des otages de la mine de Namoya au point mort

Vue de la mine d'or à ciel ouvert de Namoya, en RD Congo. © www.banro.com

Des ravisseurs mystérieux qui réclament un million de dollars, une communauté locale appelée à la rescousse… Le statu quo domine, plus d’une semaine après l’enlèvement de cinq salariés à l’intérieur de la mine de Namoya, dans la province de Maniema, dans l'est du pays.

Dans la nuit du 1er au 2 mars, des hommes armés font irruption aux alentours de 1h30 du matin à l’intérieur de la mine d’or de Namoya, propriété de la société canadienne Banro. Apeurés, les gardiens prennent la fuite, tandis que cinq salariés sont enlevés et conduits dans la brousse. Parmi eux, deux Congolais et un Tanzanien employés par Banro, ainsi qu’un Français et un Congolais salariés en sous-traitance par la société G4S et chargés de la sécurité du site.

« 20 à 25 000 dollars »

Une semaine plus tard, l’identité des ravisseurs demeure inconnue. Tout juste se sont-ils manifestés par plusieurs appels anonymes à Banro, où ils ont fait état d’une rançon de 1 million de dollars pour faire libérer les otages, selon Balthazar Hemedi Kabemba, administrateur du territoire de Kabambare (où se trouve la mine de Namoya). Mais la société minière leur aurait proposé seulement « 20 à 25 000 dollars », affirme la même source.

Des allégations réfutées par un responsable de la société G4S, appelé en renfort pour aider à la libération des otages : « Le montant n’a pas encore été fixé et demeure en négociation, affirme-t-il. Avec Banro, nous avons fait appel à la communauté locale pour nous aider à entrer en médiation avec les ravisseurs. »

Un cahier des charges non respecté ?

Une réunion publique était effectivement organisée mercredi matin à Namoya afin de sensibiliser les habitants sur le sort des otages. « Peut-être que certains pourront nous aider à convaincre nos frères en brousse de les libérer », estime Balthazar Hemedi Kabemba. Une commission de treize personnes a également été désignée dans le but de faciliter les négociations avec les kidnappeurs.

Selon l’administrateur de Kabambare, ces derniers auraient également fait mention d’un cahier des charges non respecté par l’entreprise : « Ils affirment que Banro n’aurait pas rempli ses promesses d’attribuer des postes aux locaux, de distribuer des bourses d’études, d’assurer la réfection de la route, de l’hôpital ou des écoles. »

Le ministère de l’Intérieur congolais n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien. De son côté, le Quai d’Orsay affirme « suivre la situation avec une très grande attention, en liaison étroite avec les autorités congolaises ».

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