Côte d’Ivoire : retour sur les 5 dates clés de l’Onuci

Casques bleus de l'unité de l'aviation ghanéenne, le 8 septembre 2015. © Onuci

Il ne reste plus en Côte d'Ivoire que quelques dizaines d'employés des Nations unies, chargés de fermer définitivement l'Onuci d'ici au 30 juin. Retour sur la mission onusienne en cinq dates.

27 février 2004 – la résolution 1528

Déployée pour la première fois en avril 2004, l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) a d’abord servi de force d’interposition entre les belligérants, avant d’appuyer le processus de sortie de crise : identification des électeurs, désarmement, démantèlement des milices, organisation du scrutin présidentiel, certification des résultats. Son mandat prévoit également qu’elle achève de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et aide à l’organisation des prochaines élections législatives. Alors que le pays est coupé en deux, l’Onuci participe également à la formation de policiers et de gendarmes et maintient la « zone de confiance » qui sépare le Nord rebelle du Sud loyaliste.

Juillet 2007 – les premières accusations de viol

Le 21 juillet, l’Onuci annonce la suspension et le cantonnement des 732 hommes du contingent marocain basé à Bouaké, la capitale de l’ex-rébellion, en raison d’allégations « de nombreux cas d’exploitation et d’abus sexuels portées contre certains de ses éléments ». Après enquête, aucune accusation ne sera finalement retenue, mais l’affaire aura conforté les détracteurs de l’Onuci qui, plus de trois ans après son déploiement, peinait encore à gagner la confiance des forces gouvernementales et de la population.

Des nouvelles accusations fleuriront en septembre 2011, cette fois contre des soldats béninois et malawites, ainsi que contre des policiers pakistanais.

2 décembre 2010 – la certification des résultats de l’élection présidentielle

C’était l’un des mandats de l’Onuci : certifier les résultats de l’élection présidentielle de novembre 2010. Le 2 décembre, Choi Young-jin (nommé en 2007 représentant spécial du secrétaire général de l’ONU à Abidjan) valide officiellement les résultats de la Commission électorale indépendante (CEI), qui donnaient la victoire à Alassane Ouattara au second tour. Refusant le recompte des  voix, il devient la bête noire de Laurent Gbagbo et de ses partisans qui l’accusent de partialité.

Après le second tour, l’Onuci assurera également la sécurité des membres du gouvernement Ouattara et des personnalités politiques alliées, qui vivent reclus au Golf Hôtel.

Un Casque bleu sénégalais de L'Onuci devant le Golf Hotel, le 8 décembre 2010, à Abidjan. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Avril 2011 – la bataille d’Abidjan et les MI-24 onusiens

Alors que l’impasse politique s’est transformée en conflit armé, l’ONU et la France décident de s’impliquer militairement. Le 30 mars, la résolution 1975 présentée par Paris est adoptée à New York. La résolution prévoit notamment que l’Onuci puisse « utiliser tous les moyens nécessaires » pour protéger la population, « y compris pour empêcher l’utilisation d’armes lourdes contre la population civile ».

Le 4 avril, peu après 18 heures, les hélicoptères Mi-24 de l’Onuci et les Puma et les Gazelle de Licorne (la force française) décollent pour « neutraliser les armes lourdes » du camp Gbagbo, retranché dans sa résidence avec ses proches. Ses derniers bastions sont pilonnés. Le 7 avril, la force onusienne encercle progressivement la résidence présidentielle pour en contrôler tous les accès. Trois jours plus tard, les deux MI-24 de l’Onuci, pilotés par des Ukrainiens, volent à nouveau. Ils attaquent les canons et les blindés qui protègent le palais présidentiel, au Plateau. Le 11 avril, Laurent Gbagbo est arrêté.

Mars 2013 – de la réduction des effectifs à la fin de l’Onuci

Deux ans après la fin de la crise postélectorale, Ban Ki-moon annonce l’intention de l’ONU de réduire progressive les effectifs de la mission, « de revoir son mandat et d’y mettre éventuellement fin après l’élection présidentielle d’octobre 2015, en fonction des conditions de sécurité sur le terrain et de l’aptitude du gouvernement ivoirien à assumer la mission de sécurité de l’Onuci ».

Les effectifs passent de 7 137 à 5 437 puis à 4 000 soldats fin mars 2016. En février, la quasi-totalité des Casques bleus ont quitté le sol ivoirien. Désormais, il ne reste plus que quelques dizaines d’employés des Nations unies, chargés de fermer définitivement la mission d’ici au 30 juin.

 

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