Togo : des élèves manifestent contre un nouveau mot d’ordre de grève lancé par des syndicats d’enseignants

Manifestation d'élèves en avril 2013 à Lomé, au Togo. © Erick Kaglan/AP/SIPA

Deux organisations syndicales de l’enseignement ont lancé lundi une nouvelle grève de 72 heures dans tout le pays pour exiger du gouvernement la satisfaction immédiate de leurs revendications. La réaction des élèves ne s'est pas fait attendre.

L’année scolaire est-elle en danger au Togo ? Malgré les différents dialogues initiés par le gouvernement pour une sortie de crise durable, certains syndicats de l’enseignement ont lancé un nouveau mot d’ordre de grève, du 6 au 8 mars.

Conséquence : des élèves en colère dans plusieurs villes du pays, qui réclament leurs enseignants et, surtout, exigent que les cours non dispensés pendant les grèves soient repris.

Cet énième mot d’ordre de grève est lancé par la Coordination des Syndicats de l’Enseignement (CSET) et la Fédération des Syndicats de l’Éducation Nationale (FESEN). « Il n’y a pas eu de décisions concrètes concernant nos revendications », indique un responsable de la CSET.

Des revendications qui portent sur la question des primes (logement, travail de nuit, salissure…), l’adoption du statut particulier et les affectations dites « punitives ». Les grévistes demandent également au gouvernement le remboursement immédiat « des précomptes abusivement et arbitrairement effectués sur les salaires » et rejettent les deux semaines de trêve issues des conclusions du groupe de travail.

« Il n’y a pas eu de décisions concrètes concernant nos revendications », indique un responsable de la CSET. Les deux organisations dénoncent « la lenteur dans la résolution de la crise » pour justifier leur décision. « Nous ne voulons plus nous faire avoir par les mêmes méthodes, des promesses qui ne sont pas tenues ».

De fait, les élèves du public étaient encore dans les rues le 6 mars à divers endroits du pays. Ce mardi, la situation à la mi-journée était beaucoup plus calme.

Sauver l’année scolaire

Mi-janvier, le gouvernement a pourtant institué un groupe de travail multipartite pour réfléchir et trouver des solutions durables à la crise dans le secteur de l’éducation. Un groupe composé des centrales syndicales, des représentants des parents d’élèves, de ceux des enseignements confessionnels et privés, et des partenaires techniques et financiers du Togo comme l’UNICEF, la Banque Mondiale et l’Agence française de Développement.

Le 3 mars, à la fin des travaux de ce groupe de travail, les acteurs sont parvenus à un compromis sur les différents points inscrits à l’ordre du jour. Mieux, une trêve de deux semaine a été décidée afin de permettre au gouvernement d’initier la mise en œuvre du relevé de conclusions. Sauf que, absente des discussions, la Coordination des Syndicats de l’Enseignement (CSET) a décidé de poursuivre la grève dès le 6 mars.

« J’ai de la peine à appréhender les réelles motivations et objectifs de certaines personnes, aussi bien les responsables syndicaux que les enseignants. Quelles sont leurs motivations ? Prendre le système éducatif en otage ? Amener les élèves à la violence ? Amener les parents d’élèves à la violence ? », s’est interrogé Gilbert Bawara, le ministre de la Fonction publique.

Malgré l’incompréhension, le gouvernement maintient la porte ouverte au dialogue pour sauver l’année scolaire en cours et ramener durablement la sérénité dans le secteur éducatif togolais.