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Burkina : retour sur les événements de la journée historique du 30 octobre

Par Jeune Afrique

Blaise Compaoré à Ouagadougou, le 23 janvier 2013. © AFP

À la suite de la manifestation et des heurts qui ont conduit à l'abandon du vote du projet de loi sur la modification de la Constitution burkinabè, le chef de l'État, Blaise Compaoré, a annoncé la dissolution du gouvernement et décrété l'état de siège. Retour sur le déroulement d'une journée historique.  

Le Burkina Faso a vécu des heures sous haute tension jeudi 30 octobre. Alors que les 127 députés de l’Assemblée nationale devaient de se prononcer, jeudi 30 octobre, sur le projet gouvernemental de révision de la Constitution, qui doit permettre à Blaise Compaoré de se présenter à la présidentielle de 2015, des manifestants ont pris d’assaut l’Assemblée nationale. Après plusieurs heures de tractations, le chef de l’État a annoncé la dissolution du gouvernement et décrété l’état de siège.

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23h00 – Blaise Compaoré s’est exprimé ce soir sur une chaîne de télévision privée, Canal 3. Il a annoncé la dissolution du gouvernement pour installer un nouveau gouvernement de transition. Il affirme vouloir terminer son mandat et remettre le pouvoir au président démocratiquement élu. Il appelle l’opposition à la négociation. À la suite des déclarations précédentes de l’État major des armées, il demeure difficile de savoir qui détient le pouvoir ce soir au Burkina.

20h40 – La situation est confuse ce soir à Ougadougou. L’armée semble avoir la main, après l’annonce faite par le chef d’Etat major de dissoudre le gouvernement et de mettre en place un organe transitoire. Blaise Compaoré est aux abonnés absents depuis le début de la journée. Le nombre précis de victimes n’a pas été communiqué et l’opposition n’a pas réagi officiellement à l’annonce de l’armée.

20h02 – Une déclaration du Chef d’État-major général des armées du Burkina, Honoré Nabéré Traoré, annonce la dissolution de l’Assemblée nationale ainsi que du gouvernement. Un organe transitoire sera mis en place pour assurer un retour à la normale dans un délai de 12 mois, ajoute-t-il encore. Enfin, un couvre-feu est décrété sur toute l’étendue du territoire de 19h à 6h à compter de ce jour.

19h45 – La présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini Zuma, a "exprimé sa profonde inquiétude concernant la situation au Burkina". Elle "appelle au calme et à la retenue les parties concernées".

19h40 – Dans une déclaration lue à son siège, Zéphirin Diabré rejette l’état d’urgence, demande la démission de Blaise Compaoré et maintient la désobéissance civile.

19h25 – Selon le correspondant de RFI à Ouagadougou, la foule tente d’entrer dans l’enceinte de l’État-major général des armées.

19h24 – La journée du 30 octobre en photos.

19h15 – De source diplomatique française, Blaise Compaoré fera une allocution ce soir à 20h (heure locale) à la radio.

19h02 – Déclaration de Sébastien Brabant, porte-parole de la chef de la diplomatie de l’Union européenne sur RFI : "Nous sommes évidemment très préoccupés par la situation actuelle et par les informations faisant état de victimes à la suite des violentes manifestations de la journée. Mais maintenant que la proposition de loi sur la révision de la Constitution a été retirée, l’Union européenne appelle toutes les parties à s’abstenir de recourir à la violence et à engager rapidement un dialogue constructif. Évidemment, l’Union européenne est prête à intervenir pour faciliter le processus."

18h39 – Roch Kabore, leader du Mouvement du peuple pour le progrès, parti d’opposition, annonce sur Twitter qu’il discutera avec le président Blaise Compaoré.

18h15 – L’émissaire envoyé par l’ONU est Mohamed Ibn Chambas. Il est attendu au Burkina Faso vendredi, au sein d’une mission de paix conjointe avec l’Union africaine et à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

18h09 –  Dans un communiqué lu à la radio, la présidence annonce "l’état de siège" sur tout le territoire, la dissolution du gouvernement et l’engagement de pourparlers avec l’opposition. "En ces instants douloureux que traverse notre peuple (…), je voudrais dire que j’ai entendu le message, j’ai dissous le gouvernement afin de créer les conditions d’une nouvelle perspective (…)  Je lance un appel au leader de l’opposition pour permettre un retour au calme. J’engage des pourparlers avec les différents acteurs pour une sortie de crise (…) J’en appelle au calme et à la retenue", indique Blaise Compaoré dans ce communiqué.

17h58 – Selon le site burkinabè Lefaso.net, le général Honoré Traoré, chef d’État-major des armées, et le général Kouamé Lougué viennent d’arriver au siège du chef de file de l’opposition pour des concertations.

17h43 – Les tractations se poursuivent au siège de l’État major des armées entre les hauts gradés militaires. Les journalistes présents sur place attendent toujours la déclaration du chef d’État major, le général Honoré Traoré, initialement annoncée à 14h heure locale.

17h07 – Les militaires de la garde présidentielle ont établi un périmètre de sécurité tout autour du palais de Kosyam. La situation s’est calmée mais des milliers de manifestants maintiennent la pression en restant dans les environs.

16h52 – Le général Kouamé a été acclamé par la foule sur la place de la Nation, à Ouagadougou. Il devait ensuite aller s’entretenir avec des hauts gradés au ministère de la Défense pour évoquer la suite des évènements.

16h40 – En attendant la déclaration du chef d’état-major, retrouvez l’interview de Blaise Compaoré à Jeune Afrique, en juillet dernier : "Il faudra bien partir un jour…"

16h20 – L’ambassadeur de France s’est rendu au siège du chef de file de l’opposition situé tout près de son ambassade. Tous les leaders de l’opposition y sont présents.

16h12 – Selon un manifestant, des milliers de personnes sont toujours présentes aux abords du palais présidentiel de Kosyam.

15h35 – Déclaration de l’opposant Bénéwendé Sankara. Il affirme à l’AFP que l’armée burkinabè s’est "soudée avec le peuple" contre le président Blaise Compaoré. Il annonce par ailleurs que des responsables de l’opposition doivent rencontrer prochainement le général à la retraite Kouamé Lougué.

15h10 – L’Union africaine appelle les Burkinabè à rester calmes et annonce l’envoi d’une mission conjointe avec la CEDEAO et l’ONU.

14h55 – Des émetteurs radio, dont celui de RFI, ont été coupés à Ouagadougou.

14h50 – Le chef d’état-major général, le général Honoré Nabéré Traoré, devrait s’exprimer à 14 h (heure locale).

14h40 – Zephirin Diabré, Rock Marc Christian Kaboré et Ablassé Ouédraogo se sont entretenus avec le Mogho Naba, roi d’Ouagadougou.

14h30 – Tous les vols au départ et à l’arrivée de l’aéroport de Ouagadougou sont annulés.

14h15 – Les États-Unis se disent "très inquiets de la situation".

14h05 – La France appelle au calme et demande à toutes les parties de faire preuve de retenue

14h00 – Selon un habitant du quartier, le domicile du président de l’Assemblée nationale, Soungalo Appolinaire, vient d’être pillé.

13h45 – François Compaoré a été arrêté à l’aéroport de Ouagadougou

13h40 – Le général à la retraite Kouamé Lougué est présent place de la Nation en tenue militaire. Les manifestants attendent qu’il s’exprime.

13h35 – Plusieurs ressortissants français, joints par Jeune Afrique, démentent l’information selon laquelle la France regroupe actuellement ses ressortissants à son ambassade de Ouagadougou.

13h30 – Selon plusieurs sources, des militaires sortent du camp Guillaume Ouédraogo, situé place de la Nation, pour rallier les manifestants.

13h25 – Dans un nouveau communiqué, Zéphirin Diabré déclare : "Une dizaine de morts jonchent les rues. (…) Nous demandons la démission pure et simple du pdt Compaoré."

13h19 – C’est au tour de Blaise Compaoré de s’exprimer sur son compte Twitter. Le président y "lance un appel au calme et la sérénité" à ses compatriotes burkinabè.

13h12 – "Nous nous opposons totalement à un coup d’État au Burkina. Notre État doit rester démocratique", affirme Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition, sur son compte Twitter.

13h00 – À Banfora, c’est la maison du porte-parole du gouvernement, Alain Édouard Traoré, qui a été saccagée par les manifestants.

12h45 – Le domicile de François Compaoré, frère cadet du président Compaoré, a aussi été saccagé par les manifestants.

12h41 – Boukari Le Lion, ancien bras droit de Thomas Sankara, annonce "la fin du régime de Compaoré" à la radio nationale tenue par les manifestants.

12h36 – Selon Bénéwendé Stanislas Sankara, un des leaders de l’opposition, le président Blaise Compaoré doit "tirer les conséquences" de l’assaut contre l’Assemblée nationale à Ouagadougou."Le peuple a montré qu’il est un peuple volontaire et intègre", a observé Me Sankara, qui avait personnellement appelé la population burkinabè à "marcher sur le Parlement" jeudi. 
 
12h31 – Selon une source diplomatique à Ouadadougou, "la majorité des manifestants a quitté le centre-ville" pour se diriger vers le palais présidentiel de Kosyam.

12h19 – L’AFP annonce qu’un homme a été tué par balles à Ouagadougou.

12h17 – Des manifestants se rapprochent du palais présidentiel de Kosyam.

12h14 – Le site burkinabè Lefaso.net annonce que la mairie de la ville de Bobo-Dioulasso a été saccagée par des manifestants.

11h54 – Dans un communiqué publié sur son site, le gouvernement informe "l’ensemble des populations de l’annulation de l’examen du projet de loi portant révision de la Constitution" et appelle "les populations au calme et à la retenue".

11h50 – Les manifestants se regroupent sur la place de la Révolution. Les forces de sécurité ont fui la plupart des grands axes de la capitale.  

11h38 – La radiotélévision nationale, envahie par des manifestants, a cessé d’émettre.

11h32 – Le cabinet de la présidence tient actuellement une réunion de crise au palais de Kosyam.

11h26 – Selon plusieurs témoins, le siège du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de Blaise Compaoré, a aussi été saccagé par des manifestants.

11h17 – Des manifestants vont et viennent dans le siège de la radio télévision nationale.

11h12 – Les militaires ont dégagé l’avenue de l’Indépendance, laissant les manifestants libres de leurs mouvements.

11h09 – Selon un député interrogé par Jeune Afrique, "les militaires laissent faire les manifestants".

11h06 – Les députés ont été exfiltrés de l’Assemblée et ont été emmenés à la direction de la Police nationale. Des manifestants se dirigent vers la radio télévision nationale.

11h01 – Une fumée noire monte s’élève au-dessus de l’Assemblée nationale.

10h59 – D’après l’un d’entre eux, contacté par Jeune Afrique, des manifestants se dirigent vers la Primature.

10h57 – Selon plusieurs témoins, des manifestants sont entrés dans l’Assemblé nationale. Un début d’incendie a été signalé.

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