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RDC : She Okitundu va convoquer l’ambassadeur de l’UE à Kinshasa en réaction à la menace de sanctions de Bruxelles

Léonard She Okitundu, vice-Premier ministre et ministre congolais des Affaires étrangères. © Vincent Fournier/JA.

"Surpris" par la teneur des conclusions du Conseil de l'UE rendues la veille sur son pays, Léonard She Okitundu, chef de la diplomatie congolaise, a indiqué mardi à Jeune Afrique que le représentant de l'UE en RD Congo serait convoqué dans ses bureaux "dès ce mercredi" à Kinshasa.

Voyages à Bruxelles, Paris ou Belgrade, rencontres bilatérales et dîner à Kinshasa offert aux ambassadeurs de l’Union européenne (UE) accrédités dans la capitale congolaise… À quoi aura finalement servi l’offensive diplomatique lancée ces dernières semaines par Léonard She Okitundu, le nouveau ministre congolais des Affaires étrangères ? D’autant que, lundi 6 mars, le Conseil de l’UE a évoqué de nouvelles sanctions en cas de non-respect de l’accord de la Saint-Sylvestre en RD Congo.

Des conclusions « surprenantes », a réagi dans la foulée le chef de la diplomatie congolaise dans un communiqué. Contacté à Paris par Jeune Afrique ce mardi 7 mars, peu avant son retour à Kinshasa, She Okitundu a l’impression de n’avoir pas été entendu par ses homologues européens. « Durant toutes les rencontres que j’ai eues, je n’ai pourtant pas cessé de les appeler à bâtir désormais nos relations sur un dialogue franc et non sur des invectives à répétition », confie le ministre. « Sur la base de quel texte le Conseil de l’UE donne-t-il des injonctions à la RD Congo ? » lance le ministre, agacé.

Répliques de Kinshasa

« Si l’UE ne change pas cette façon de faire, la RD Congo va en tirer les conséquences », menace le chef de la diplomatie congolaise. « Dès demain [mercredi 7 mars], je vais convoquer l’ambassadeur de l’UE en RD Congo [le diplomate belge Bart Ouvry] à Kinshasa pour lui demander des explications », annonce celui qui est également l’un des vice-Premiers ministres congolais.

Il ne s’agit pas d’appuyer sur le bouton et l’accord s’applique.

Pour She Okitundu, « il est exagéré de parler de blocage de l’accord du 31 décembre 2016 dont la mise en oeuvre, selon lui, est plutôt tributaire d’un débat démocratique classique dans une société pluraliste ». « Ce sont des négociations politiques, il ne s’agit pas d’appuyer sur le bouton et l’accord s’applique », dit-il, rappelant également que le décès inopiné d’Étienne Tshisekedi avait entraîné la suspension des pourparlers à Kinshasa, le temps des obsèques à Bruxelles.

Quant aux violations des droits de l’homme décriées ces derniers mois à travers le pays, le ministre se veut rassurant. Notamment concernant les militaires qui auraient tiré sur des civils dans le Kasaï (centre), dont les forfaits ont été relayées sur les réseaux sociaux : « Si leurs responsabilités sont établies, personne n’échappera à la justice », affirme She Okitundu.

Et de conclure : « En RD Congo, il n’y a pas une politique délibérée de violations des droits de l’homme. Celles-ci relèvent de responsabilités individuelles qui ne sauraient, en aucun cas, rester impunies ».

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