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RD Congo : l’Union européenne évoque de nouvelles sanctions en cas de non-respect de l’accord du 31 décembre

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président congolais Joseph Kabila salue la foule lors des célébrations de la fête de l'indépendance à Kindu, dans le centre de la RDC, le 30 juin 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

L'Union européenne a menacé ce lundi les membres des forces de sécurité et les responsables politiques congolais de nouvelles "mesures restrictives individuelles" si le blocage politique et les violences en République démocratique du Congo (RDC) persistent.

« L’UE rappelle aux responsables politiques et aux membres des forces de sécurité qu’elle est disposée à adopter de nouvelles mesures restrictives individuelles », c’est-à-dire des sanctions, écrivent plus précisément les 28 ministres européens des Affaires étrangères, réunis à Bruxelles, dans un texte qu’ils ont adopté lundi 06 mars. Des sanctions qui pourraient bien consister encore une fois en un gel des avoirs et une interdiction de voyager dans l’Union.

Elles pourraient être éprises à l’encontre de « ceux qui seraient responsables de graves violations des droits de l’Homme, inciteraient à la violence ou qui feraient obstacle à une sortie de crise consensuelle, pacifique et respectueuse de l’aspiration du peuple congolais à élire ses représentants », selon les conclusions de la réunion.

L’UE avait déjà infligé en décembre des sanctions individuelles à sept hauts responsables sécuritaires du régime du président Joseph Kabila, jugés responsables de violences qui avaient fait une cinquantaine de morts en septembre 2016 à Kinshasa.

Les violences dans le Kasaï inquiètent l’UE

Les chefs de la diplomatie européenne se sont montrés particulièrement préoccupés par « l’émergence de foyers de violences » dans les provinces du Kasaï et du Kongo central ces derniers mois.

Ils ont souligné « l’urgence » de la mise en oeuvre effective de l’accord politique conclu le 31 décembre sous l’égide de l’Église entre le pouvoir et l’opposition, après le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila à la fin de son mandat et à qui la Constitution interdit de se représenter.

Cet accord censé sortir le pays de la crise est resté inappliqué et la mort à Bruxelles de l’opposant historique, Etienne Tshisekedi, est encore venue compliquer les choses.

Appel à la prise de mesures de décrispation

L’UE exhorte ainsi « toutes les parties prenantes, en particulier la majorité présidentielle », à traduire cet accord en actes « afin d’aboutir aux élections avant fin 2017 », selon le texte.

« La crise institutionnelle, sécuritaire et socio-économique profonde que traverse le pays ne peut être maitrisée que par une mise en oeuvre intégrale de l’accord du 31 décembre 2016 et par la constitution d’un gouvernement disposant de suffisamment de légitimité pour mener le pays aux élections. Des avancées concrètes sont impératives, en particulier la nomination urgente du Premier ministre issu du Rassemblement« , insistent les 28 ministres.

Les responsables européens appellent enfin la RD Congo à prendre d’urgence des « mesures de décrispation » comme « la libération des prisonniers politiques, la fin immédiate des maltraitances qu’ils subissent, la fin de l’intimidation et des arrestations arbitraires des opposants et activistes citoyens, et l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires politiquement motivées ».

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