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Tunisie : un an après les attaques de Ben Guerdane, Youssef Chahed loue la résistance des habitants

Par Jeune Afrique avec AFP

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed à son arrivée dans sa résidence de Carthage, en décembre 2016. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed a débuté ce lundi une série de visites dans le sud du pays, et notamment dans la ville de Ben Guerdane, près de la Libye, où ont été perpétrées une série d'attaques jihadistes il y a tout juste un an.

Le chef du gouvernement a participé dans la matinée du 7 mars à une cérémonie officielle dans la ville martyre, pour commémorer ces attaques qui avaient causé la mort de 13 membres des forces de l’ordre et de sept civils. Au moins 55 jihadistes avaient alors été abattus dans la riposte.

Nouvelles infrastructures pour la région

La tournée de Youssef Chahed a débuté lundi 6 mars par une visite sur l’île touristique de Djerba, où il a notamment fait le point sur la construction d’une usine de dessalement de l’eau de mer, d’un coût d’environ 70 millions d’euros, regrettant le retard pris par le projet.

Interrogé par l’AFP, le ministre de l’Agriculture, Samir Taïeb, a lui aussi déploré ce « léger retard », tout en soulignant l’importance de ce projet. Il s’inscrit dans une « vision globale », qui vise à ce que l’ensemble du centre et du sud de la Tunisie − des régions particulièrement arides − soient « desservies [en] eau dessalée ».

Une usine a récemment été inaugurée à Tozeur (sud-ouest) et une autre unité, d’un montant de près de 300 millions d’euros, doit voir le jour à Sfax (centre-est), la deuxième agglomération du pays. Selon Samir Taïeb, l’ensemble de ces projets doivent bénéficier à près de 420 000 habitants.

Un peu plus tard dans la journée, Youssef Chahed et sa délégation se sont aussi rendus sur le site d’une usine d’enfouissement de déchets, toujours à Djerba, puis dans la région de Médenine, où le Premier ministre a annoncé la relance d’un projet d’énergies renouvelables, d’un coût de 45 millions d’euros.

Un « tournant » symbolique

Les attaques jihadistes du 7 mars 2016 contre des installations sécuritaires de Ben Guerdane, ville frontalière de la Libye, n’ont jamais été revendiquées. Mais les autorités tunisiennes ont affirmé qu’elles visaient à créer un « émirat » du groupe extrémiste État islamique (EI).

Depuis, le pays n’a pas connu d’attaque majeure mais reste en état d’urgence, et une cérémonie officielle a été organisée mardi pour marquer ce premier anniversaire.

« La date du 7 mars (…) revêt une symbolique », a dit le chef du gouvernement, entouré d’un imposant dispositif sécuritaire. « Aux habitants de (la ville) résistante de Ben Guerdane, votre victoire dans la bataille du 7 mars, la victoire de nos agents sécuritaires et de nos militaires, ont été en réalité un tournant dans la lutte contre le terrorisme », a-t-il ajouté. Selon lui, cette riposte a « donné espoir aux Tunisiens de vaincre le terrorisme », après une série d’attentats sanglants en 2015.

Il a également annoncé à ce sujet plusieurs programmes pour Ben Guerdane, une ville vivant essentiellement du commerce – notamment de contrebande – avec l’ouest libyen.

Interrogés en marge de la cérémonie, des habitants n’ont néanmoins pas caché leur profonde défiance vis-à-vis des autorités. « J’ai un message pour nos politiciens : même 1% de vos promesses n’ont pas été réalisées (…). Ce que nous avons fait (le 7 mars 2016), c’était pour protéger notre pays, nos enfants, pas pour vous », a affirmé sur Shems FM le frère d’Abdelatti Abdelkarim, une victime des attaques.

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