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RD Congo : que vaut (vraiment) la fronde en cours au sein du Rassemblement ?

Des partisans du « patriarche » rassemblés aux abords du siège de l’UDPS,le 2 févrierà Kinshasa. © Junior Kannah/AFP

Au lendemain de la mise en place d’un double exécutif à la tête du Rassemblement, certains de ses membres haussent le ton. Rangés derrière l’ex-ministre Joseph Olenghankoy, ils ont décidé vendredi de faire bande à part. Au risque de fragiliser la première plateforme de l’opposition congolaise ?

« Tous les gros poissons sont restés dans le navire Rassemblement », assure un très proche d’Étienne Tshisekedi, ex-chef incontesté de la plateforme, décédé début février à Bruxelles. Depuis sa mort, des tractations s’étaient engagées pour trouver son remplaçant à la présidence du conseil des sages qui exercerait également les fonctions de président du Conseil national de suivi de l’accord du 31 décembre.

Tous les principaux regroupements politiques composant le Rassemblement ont jeté leur dévolu sur Félix Tshisekedi, fils de l’opposant historique disparu, et Pierre Lumbi, cadre du « G7 », ce groupe de sept frondeurs de la Majorité présidentielle (MP) qui s’étaient opposés au maintien du président Joseph Kabila au pouvoir à la fin de son second mandat, avant de rejoindre l’opposition.

Modérateur de la Dynamique de l’opposition, Martin Fayulu, candidat malheureux au poste de président du conseil des sages du Rassemblement, a laissé planer le doute sur son alignement toute la soirée de jeudi.

Finalement, l’élu de Kinshasa a « [pris] acte de la restructuration des organes du Rassemblement et de la désignation de leurs animateurs ». Idem pour les autres grandes figures de ce regroupement dont les députés Claudel Lubaya, Jean-Claude Vuemba et Fabrice Puela.

Une « petite fronde »

Mais du côté de l’opposant Joseph Olenghankoy qui se rêvait aussi en successeur putatif d’Étienne Tshisekedi, la pilule a du mal à passer. L’ancien ministre des Transports et leader des Forces novatrices pour l’union et la solidarité (Fonus) est désormais à la tête d’une fronde. Il est soutenu notamment par Freddy Matungulu, ex-ministre des Finances et retraité du Fonds monétaire international (FMI), Roger Lumbala, ex-allié de la rébellion du M23 et bénéficiaire des mesures de décrispation politique, le député Gilbert Kiakwana et Bruno Tshibala, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Ce dernier s’éloigne ainsi de la position de son parti et s’expose à des sanctions disciplinaires.

Après Étienne Tshisekedi, la plateforme tient bon, confie une source diplomatique africaine à Kinshasa

« Au final, c’est une toute petite fronde. Ceux qui s’écartent de la ligne décidée par le Rassemblement n’ont pas une réelle assise nationale. Après Étienne Tshisekedi, la plateforme tient bon », confie une source diplomatique africaine à Kinshasa qui suit de près les pourparlers en cours.

Sans trop tarder, la nouvelle configuration de la direction du Rassemblement a été envoyée vendredi aux évêques, médiateurs des négociations. Ces derniers ont remis à Félix Tshisekedi et à Pierre Lumbi la lettre d’Étienne Tshisekedi à Joseph Kabila. Une reconnaissance on ne peut plus explicite de la nouvelle direction du Rassemblement.

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