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Nadjirou Sall : « Misons sur les exploitations familiales »

Nadjirou Sall (Sénégal), agriculteur, secrétaire général du Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles de l'Afrique de l'Ouest (ROPPA). A RFI le 03.03.2017. © Vincent Fournier/ja

Figure de l’agropastoralisme, le Sénégalais défend une stratégie ambitieuse pour l’agriculture du continent. Il est le grand invité de l’économie (le premier samedi de chaque mois sur RFI à 12 h 10 heure de Paris, 11 h 10 TU), ce samedi 4 mars.

Nadjirou Sall est président du Cadre national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) du Sénégal et secrétaire général du Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles d’Afrique de l’Ouest (Roppa).

Femmes

Depuis dix à quinze ans, nous avons pris conscience de la nécessité de la transformation agricole. Les femmes ont pris cette question à bras-le-corps, par exemple en montant de petites unités de jus de fruits ou de lait.

Autosuffisance

L’État sénégalais s’est donné comme ambition d’arriver fin 2017 à une autosuffisance en riz et y a consacré des moyens. Je suis sceptique sur le fait qu’on y arrive, mais il y a eu des améliorations significatives en matière de rendements, de matériels agricoles. Il faut cependant encore progresser dans le domaine de l’irrigation.


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Protectionnisme

Un président de la République a forcément la volonté de protéger la production et la transformation locales. Mais nos États sont poussés à signer les accords de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne, qui ouvrent nos marchés.

Sonacos

La filière arachidière est la plus stratégique, il faut la protéger. Or, depuis la fin du mandat d’Abdou Diouf [en 2000], le secteur est en crise, et il y a fort à faire pour y remédier. Si on privatise à nouveau la Sonacos, il faudra prendre l’avis de l’ensemble des acteurs, notamment les paysans.


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Productivité

On peut améliorer la productivité agricole sans entrer dans le productivisme et les grands complexes : les exploitations familiales peuvent nourrir l’Afrique et maintenir l’emploi. Il faudra aussi développer des activités rurales non agricoles comme la tannerie, le tissage, la menuiserie. Ce changement dépendra de la capacité des acteurs – États, bailleurs, paysans – à agir ensemble.

Culture vivrière

Il faut bien sûr continuer les cultures de rente, mais la base de la construction de notre marché agricole doit être la culture vivrière. L’Union européenne a développé son agriculture en misant sur l’alimentaire pour les productions locales. Une démarche qu’on nous empêche aujourd’hui d’adopter.