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Bénin : le plan Talon à l’épreuve du marché de l’UEMOA

Patrice Talon, le président béninois, à l'Élysée le 16 avril 2016. © Michel Euler/AP/SIPA

L'État a lancé mardi les souscriptions à un emprunt d'État qui demeureront ouvertes jusqu'au 31 mars. C'est le premier volet d'un ambitieux programme d'émissions financières prévues par le Trésor pour financer le plan de développement économique du nouveau président Patrice Talon.

Après le Fonds monétaire international, qui a concédé un programme de prêts de 109 millions de dollars sur trois ans fin février, c’est au tour du marché financier régional d’apporter son concours aux ambitieux objectifs de développement du président béninois.

Pour financer le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) 2016-2021, présenté en décembre 2016, le Trésor a lancé mardi la quatrième émission obligataire du Bénin sur le marché de l’Union économique et monétaire ouest-africaine après celles d’avril 2000 (5 milliards de F CFA), de décembre 2016 (54 milliards) et octobre 2011 (68 milliards de F CFA).

Elle est cette fois-ci d’un tout autre niveau : dans la note d’information signée le 22 février par Romuald Wadagni, le ministre de l’Économie et des Finances, le Trésor béninois en appelle aux souscripteurs, et ce jusqu’au 31 mars 2017, pour 150 milliards de F CFA (228,6 millions d’euros).

Premier volet d’émissions

Et ce n’est que le premier volet des émissions de titres sur les marchés monétaire et financier dont le Bénin a besoin pour tenir la cadence des 9 039 milliards de francs CFA prévus par le PAG jusqu’en 2021, notamment pour financer 45 projets phares.

En effet, dès 2017, 716,6 milliards de francs CFA de bons du Trésor et obligations seront nécessaires pour tenir le budget de l’État cette année et abonder le plan orchestré par le cousin de Patrice Talon, Johannes Dagnon, ex-patron du cabinet Fiduciaire d’Afrique.

Un plan trop ambitieux ?

Un plan très ambitieux – trop, disent certains –, qui fait la part belle au secteur privé. Et verra, du moins si les objectifs sont tenus, la part des investissements dans le Produit intérieur brut (PIB) considérablement relevée : celle-ci  devrait bondir de moins de 20% en 2016 à près de 35% dès 2017.

De quoi, espère l’exécutif béninois, amorcer la transformation de l’économie et doper la croissance (à 5%, en léger décrochage par rapport à la moyenne de l’UEMOA, elle, autour de 6%). Ce qui passera aussi par une lourde accélération des dépenses et du déficit public, qui va plus que doubler, de 4% du PIB en 2016 à 9% en 2017.

Un endettement « one off » — « une fois pour toute » — promet la note signée par Romuald Wadagni, un ancien du cabinet d’audit et de conseil Deloitte. Ce dernier est d’ailleurs chargé de plancher sur le PAG, et son empreinte dans la politique économique menée par Porto-Novo semble particulièrement prononcée.

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