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Tunisie : un ministre tout juste désigné renonce à son poste

Par Jeune Afrique avec AFP

Khalil Ghariani, membre du bureau exécutif de la centrale patronale Utica. © Capture d'écran YouTube/Mosaique FM

Un ministre tunisien dont la récente nomination a provoqué la colère du puissant syndicat de l'union générale tunisienne du travail (UGTT) a annoncé jeudi avoir renoncé à son poste pour éviter une crise.

Khalil Ghariani, membre du bureau exécutif de la centrale patronale Utica, avait été désigné le 25 février nouveau ministre de la Fonction publique et de la gouvernance lors d’un remaniement restreint en remplacement d’Abid Briki, un ancien de l’UGTT.

Cette désignation a été vivement critiquée par la centrale syndicale, qui l’a décrite comme une « provocation » et demandé au gouvernement de la revoir.

« Préserver les équilibres politiques et sociaux »

« Au vu de la tension politique et sociale que nous avons vécue dans le pays ces dernières 48 heures et après mûre réflexion (…), j’ai demandé à rencontrer le chef du gouvernement et je lui ai présenté mon désistement de ce poste », a déclaré Khalil Ghariani à la radio privée Mosaïque FM à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre Youssef Chahed.

« Nous devons préserver les équilibres politiques et sociaux dans le pays (…), l’action gouvernementale et même les équilibres entre l’Utica et l’UGTT », a-t-il ajouté. « Ce n’est pas le moment pour ce genre de crise ».

Aucun nouveau nom n’a été avancé pour lui succéder. Et pour cause ; un communiqué du gouvernement a fait savoir en fin d’après-midi que le Chef du gouvernement Youssef Chahed a finalement décidé de « supprimer le ministère de la Fonction publique et de la gouvernance » et de « rattacher les structures et les institutions qui relèvent du département à la présidence du gouvernement ». Cette décision, indique le communiqué, sera soumise au Conseil des ministres.

 

Entré en fonction l’été dernier après que son prédécesseur eut été jugé en échec sur l’économie, l’actuel gouvernement d’union peine à faire redémarrer ce secteur, régulièrement agité par des crises sociales.

La Tunisie a dû conclure l’an dernier un nouveau plan d’aide de 2,9 milliards de dollars avec le Fonds monétaire international (FMI), qui prévoit en échange la mise en oeuvre de réformes socialement sensibles.

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