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Thierry Froger : « Le TP Mazembe souffre de l’absence de son chef »

Moïse Katumbi, président du club de football TP Mazembe, encourage son équipe dans les vestiaires pendant la mi-temps, lors d'un match contre le club Lubumbashi Sport, au stade de Kamalondo, le 4 mars 2015. © Gwenn Dubourthoumieu/JA

Thierry Froger, le nouvel entraîneur du TP Mazembe, est réputé être très à cheval sur le travail et la discipline. Avant le derby face à Lubumbashi Sport ce jeudi, l’ex-sélectionneur du Togo livre pour jeune Afrique ses premières impressions. Interview cash.

Jeune Afrique : Comment votre nomination, officialisée début février, s’est-elle déroulée ?

Thierry Froger : J’ai eu un contact avec un conseiller de Moïse Katumbi. Il y a ensuite eu des discussions avec le président, que j’ai rencontré à paris. Il était accompagné de son directeur financier. Les choses ont pris environ un mois. Je sais qu’il y avait des entraîneurs français, belges et italiens qui figuraient sur la liste des candidats. En ce qui me concerne, j’avais eu quelques contacts avec des formations nord-africaines. Évidemment, quand un club comme le TP Mazembe, un des meilleurs d’Afrique, vous sollicite, vous êtes très attentif. Il y a eu des entraîneurs français comme Diego Garzitto, Patrice Carteron et Hubert Velud  qui, ces dernières années, ont bien réussi ici. Je crois que mon profil (il a dirigé le centre de formation du Mans entre 1990 et 1994, ndlr) a particulièrement intéressé le président.

Donner leur chance aux jeunes qui ont été formés à l’académie

Car le club, obligé de réduire son train de vie, a aussi décidé de miser sur ses jeunes…

Oui. Il y a une académie (la Katumbi Academy) qui fonctionne bien. Avec des jeunes joueurs de talent. On m’a expliqué que le club allait vivre une période de transition, et qu’il était donc nécessaire de faire également confiance aux jeunes. Cet hiver, le TPM a vu partir plusieurs joueurs (Assalé, Bope, Bolingi, Luyindama). Il a certes fait venir d’autres éléments, mais l’objectif est de donner leur chance aux jeunes qui ont été formés à l’académie. Car il y a vraiment de très bons footballeurs.

C’est ce que vous avez fait face à Don Bosco (1-0), tout en écartant des cadres comme Deo kanda, Jean Kasusula et Joël Kimwaki…

Je vais vous expliquer pourquoi j’ai pris cette décision. Ces trois joueurs ont manqué le rendez-vous collectif pour aller à la mise au vert en préparation du match. Ils ont préféré s’y rendre directement et par leurs propres moyens. Et quand ils sont arrivés sur le terrain pour s’entraîner, j’ai dit : « Messieurs, demi-tour. » La discipline, dans un projet, est essentielle. C’est vrai que ce sont des joueurs importants, qui ont gagné des titres, mais il y a des règles qui sont valables pour tout le monde. Ensuite, nous avons eu une discussion. La porte n’est fermée à personne. J’espère qu’ils ont compris.

Je suis venu ici pour gagner des titres, pas pour me faire mousser

En France, vous avez la réputation d’être un entraîneur ne transigeant pas sur la discipline…

Ce sera pareil ici. J’ai expliqué ma façon de fonctionner au président, avant de signer mon contrat (jusqu’à fin 2017, ndlr). Après la mise à l’écart des trois anciens contre Don Bosco, je l’ai eu au téléphone pour lui raconter pourquoi j’avais pris cette décision. Il m’a dit qu’il me soutenait, qu’il était derrière moi, qu’il me donnait carte blanche. Je suis venu ici pour gagner des titres, pas pour me faire mousser. J’ai vingt-huit mecs dans mon effectif. On a un championnat, une Ligue des Champions à disputer. Ceux qui ne sont pas dans le projet, tant pis pour eux. On a du travail, et donc pas de temps à perdre. C’est certes une année de transition, mais à Mazembe, on doit avoir des résultats.

Votre méthode, votre caractère entier, cela peut faire grincer des dents…

Peut-être, mais pour gagner des titres, il faut de la rigueur. Le talent n’est pas suffisant. Le TP Mazembe est un grand club. Il y a de très bonnes conditions de travail. Il y a des moyens. Mais le problème, c’est qu’il y a quelques personnes qui se comportent comme si ce n’était pas un grand d’Afrique. Ces personnes ne sont pas nombreuses, mais elles agissent à mon avis contre l’intérêt général. Et je sens que cela a créé un malaise au TPM. J’ai le sentiment que l’absence au quotidien de Moïse Katumbi est un vide immense. Le chef n’est pas là. Je ne suis pas au club depuis très longtemps, mais le fait qu’il soit absent est un gros souci. Cela ne pourra pas durer éternellement. Je sais qu’il est très attentif à ce qui se passe ici, qu’il passe des coups de fil régulièrement, mais il n’est pas physiquement présent. Et il y a des gens qui en profitent.

Le 12 mars, vous allez affronter en Ligue des Champions les Zimbabwéens de Caps United FC. Ce match n’arrive-t-il pas un peu tôt ?

Sans doute… L’équipe n’est pas encore totalement prête. Il faut digérer les mouvements du mercato. Mais on fera tout pour passer ce tour, qui s’annonce compliqué, avec un match retour au Zimbabwe…

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