Attentat de Sousse : six policiers inculpés en Tunisie, alors que s’achève l’enquête publique à Londres

Par Jeune Afrique

Un hôtel à Sousse, en Tunisie. © Darko Vojinovic/AP/SIPA

Six membres des forces de sécurité tunisiennes seront jugés pour "non-assistance à personne en danger" dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de juin 2015 à Sousse, au cours duquel 38 touristes étrangers ont été tués.

Ces six agents font partie des 12 accusés laissés en liberté dans l’attente de leur procès (parmi lesquels des membres de la sécurité de l’hôtel), dont la date n’a pas encore été fixée, a déclaré dans la soirée du 28 février Sofiène Sliti, le porte-parole du pôle antiterroriste tunisien.

33 personnes poursuivies

Au total, 33 personnes sont poursuivies dans ce dossier, a-t-il ajouté. 14 de ces accusés se trouvent en détention préventive, et sept sont poursuivis par contumace. Les chefs d’inculpation pour les 27 autres accusés n’ont pas été précisés, indique l’AFP.

L’enquête a été close par le juge d’instruction en juillet 2016, mais le dossier n’a été transmis que dernièrement à la chambre criminelle.

La police tunisienne « complètement inefficace »

L’annonce de l’inculpation des six membres des forces de sécurité est intervenue quelques heures après que le juge Nicholas Loraine-Smith a rendu ses conclusions à l’issue de sept semaines d’enquête publique à Londres.

« Des agents de sécurité non armés n’auraient pas pu faire grand-chose face à un terroriste armé d’une kalachnikov et de cinq grenades » et « un meilleur système de vidéosurveillance aurait pu, au mieux, permettre de prévenir la police de l’attaque un peu plus tôt, mais pas beaucoup plus tôt », observe-t-il.

Il précise par contre que la police, « responsable de la sécurité des touristes », ayant été prévenue vers 11h45, son intervention « aurait pu et aurait dû être efficace. » Au lieu de cela, elle aura été « au mieux chaotique et au pire lâche », et en tout cas « complètement inefficace » jusqu’à la mort du terroriste, tué par des agents de la Garde nationale et un agent de la police touristique.

Concernant les responsabilités de l’hôtel RIU Imperial Marhaba et du tour-opérateur TUI, aucun élément ne permettrait de conclure à une négligence fatale, note par ailleurs le juge Loraine-Smith.

Malgré l’insistance des autorités tunisiennes, Londres continue de déconseiller les voyages non essentiels dans ce pays.

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