Accord de libre-échange UE – Afrique centrale : Bruxelles met en avant la piste camerounaise pour sortir de l’impasse

Le port de Port-Gentil, au Gabon, le 16 octobre 2012. © Baudouin Mouanda pour JA

Morne plaine sur le front des négociations portant sur l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays de la Communauté économique et monétaire des États d'Afrique centrale (Cemac). En Guinée équatoriale, mi-février, les rumeurs d'un abandon sine die des discussions allaient bon train. Ce que conteste la Commission européenne, qui propose d'élargir l'accord camerounais déjà existant.

Engagées en 2003, les négociations sur un accord de partenariat économique (APE) entre les pays de la Cemac et l’Union européenne sont-elles définitivement enterrées ? C’est ce qu’ont laissé entendre plusieurs médias à la sortie de la Conférence des chefs d’État de la zone, le 17 février à Djibloho, en Guinée équatoriale.

« Le Conseil des ministres a pris acte de la décision unilatérale de l’Union européenne de mettre un terme au processus régional des négociations », était-il évoqué dans le communiqué final de la conférence.

Or ce document, s’il fait en effet référence aux négociations entre l’Union européenne et la Cemac, invite au contraire Ali Bongo Ondimba, « parrain des négociations », à poursuivre les discussions sur les bases des conclusions de la réunion du Comité ministériel des négociations de l’APE prévue à Douala ce vendredi 3 mars. Et appelle « les différentes parties prenantes à faire preuve de davantage de solidarité dans le traitement de cette question et dans la recherche de solutions qui préservent les intérêts de tous les États membres ».

Aucun progrès n’a été accompli depuis 2011

Mieux, contactée par Jeune Afrique, une source au sein de la Commission européenne infirme toute décision unilatérale de Bruxelles visant à mettre un terme à des négociations régionales en Afrique centrale. Mais, rappelle cette source, « il faut prendre acte qu’aucune nouvelle table-ronde n’a eu lieu depuis 2011, et qu’aucun progrès n’a été accompli depuis cette date ».

C’est la raison pour laquelle la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, et son homologue à la Coopération internationale et au Développement, Neven Mimica, ont adressé, en 2016, un courrier « à la Cemac et aux pays concernés » pour leur proposer de reconnaître les lenteurs de la négociation et pour « envisager une nouvelle voie vers un accord de partenariat économique ».

À commencer par l’application de l’accord de libre-échange récemment entré en vigueur au Cameroun, seul pays d’Afrique centrale à avoir signé avec Bruxelles un accord pour conserver un accès au marché européen sans droits de douanes ni quotas, en échange du démantèlement progressif des barrières tarifaires imposées aux importations de l’Union européenne. L’accord Cameroun-UE est « à vocation régionale », dit notre source.

En effet, l’article 101 de l’accord Cameroun offre la possibilité à tout pays de la région d’y adhérer.

APE : de quoi s’agit-il ? 

Les APE sont la seule option, selon Bruxelles, pour mettre ses relations commerciales avec plusieurs pays africains en conformité avec les règles commerciales internationales de l’OMC et pour s’éviter d’éventuelles litiges avec des pays tiers — États-Unis et Chine en tête — qui pourraient contester des régimes d’exception que ceux-ci considéreraient injustes.

Ces accords ont suscité de fortes critiques au sein de la société civile africaine, contestant leur impact sur les recettes publiques et le tissu économique local.

Plusieurs porte-paroles de la Cemac, contactés par Jeune Afrique, n’ont pas répondu.

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