Fermer

Afrique du Sud : la police disperse une manifestation anti-immigrés

Par Jeune Afrique avec AFP

Un manifestant anti-immigré dans les rues de Pretoria le 23 février 2017. © Yeshiel Panchia/AP/SIPA

Après deux semaines d’incidents racistes en Afrique du Sud, des centaines de manifestant ont défilé ce vendredi jusqu’au ministère de l’Intérieur à Pretoria pour protester contre la présence d'immigrés dans le pays.

Répondant à l’appel d’un collectif d’habitants d’un township de Pretoria, les manifestants accusaient les étrangers, dans un contexte de fort chômage et de pauvreté, de voler le travail des Sud-Africains et d’encourager la criminalité.

Environ 500 d’entre eux se sont rendus jusqu’au ministère de l’Intérieur. Tout au long du parcours, les commerçants avaient tiré le rideau de fer de leurs boutiques.

« Les gens en ont ras-le-bol de ceux qui amènent de la drogue à la jeunesse et toute la criminalité qui va avec, rapporte à l’AFP un des manifestants, qui a préféré garder l’anonymat. Ils sont fatigués des fausses promesses du gouvernement. »

Déployée en masse à proximité du ministère, la police anti-émeute a dispersé la foule qui s’en approchait à grands renforts de balles en caoutchouc, de grenades assourdissantes et lacrymogènes.

Crise diplomatique avec Abuja

Depuis deux semaines, à Johannesburg et dans la capitale, des riverains en colère pillent et brûlent des bâtiments occupés par des étrangers et soupçonnés d’abriter des maisons de passe ou du trafic de drogue.

Dans une déclaration diffusée par ses services quelques heures avant la manifestation ce vendredi, le président Jacob Zuma a « fermement condamné les actes de violence et appelé les citoyens sud-africains et les étrangers à la mesure ».

Ces violences ont suscité une crise diplomatique avec le Nigeria, dont les ressortissants sont la principale cible des incidents. Abuja a convoqué jeudi 23 février l’ambassadeur sud-africain pour lui faire part de sa « profonde préoccupation » et exiger des mesures de protection de « vies et des biens des étrangers ».

Les flambées de violence anti-immigrés sont récurrentes en Afrique du Sud. En 2015, 7 personnes sont mortes lors de pillages visant des commerces tenus par des étrangers à Johannesburg et à Durban. En 2008, des émeutes xénophobes avaient fait 62 morts.

Couverture

L’actu n’attend pas !


Couverture

Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez en souscrivant à l'Edition Digitale de Jeune Afrique

Je m'abonne J'achète ce numéro