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RD Congo : deux morts après des affrontements entre Bantous et Pygmées dans la province du Tanganyika

Par Jeune Afrique avec AFP

Un camp de Pygmées dans la région d'Epulu, au Congo, le 21 mars 2010. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Le forum de réconciliation, qui se tient depuis mardi à Kalemie, la capitale du Tanganyika, n’y aura rien changé. Les violences entre les deux ethnies ont repris de plus belle jeudi dans cette province située au sud-est de la RDC.

« Un infirmier du centre médical du village Tundwa a été atteint par deux flèches empoisonnées et est mort de ses blessures », selon le docteur Henry Kitenge de l’hôpital de référence de Kalemie.

Du côté des Pygmées, l’un d’entre eux a été « tué dans les combats d’aujourd’hui et 60 blessés », a affirmé à l’AFP Benjamin Muledi, président de la communauté Twa du Tanganyika.

Inaction des autorités

« Comment les Pygmées peuvent-ils continuer à tuer les Bantous chaque jour, sans une quelconque réaction des autorités ? » a protesté une dame se présentant comme la sœur de l’infirmier tué. Ses collègues, qui tentaient de transporter son corps au bureau du gouvernement de province à Kalemié, ont été dispersés à coup de gaz lacrymogène par la police.

Les violences surviennent alors qu’une délégation du gouvernement central, conduite par le ministre des Affaires intérieures, est dépêchée depuis mardi à Kalemié en vue de participer avec les autorités provinciales et les représentants de ces deux communautés à un forum de réconciliation.

Au moins quinze morts début janvier

Depuis décembre 2013, le nord du Katanga, dont fait partie le Tanganyika, est le théâtre de violences meurtrières entre Bantous de l’ethnie Luba et Pygmées de l’ethnie Twa. Le 6 janvier dernier, au moins quinze Bantous avaient été tués lors d’une attaque attribuée à des Pygmées.

Au cœur de ces violences : la volonté des Pygmées de faire reconnaître leur droit à l’égalité avec les autres citoyens de la RDC. Mais leurs revendications se heurtent régulièrement au refus des populations bantoues de l’ethnie Luba sur le sujet.

La nouvelle flambée de violences entre les deux communautés a repris après une année d’accalmie, à la suite de médiations des autorités locales et de la mission de l’ONU en RDC (Monusco). Fin septembre, à l’issue d’une longue procédure, la justice congolaise avait condamné quatre Bantous à 15 ans de prison pour crimes contre l’humanité, en lien avec ce conflit.

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