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Soudan du Sud : alors que Salva Kiir promet de faciliter l’accès aux ONG pour lutter contre la famine, le pape lance un appel

Par Jeune Afrique avec AFP

Au Soudan du Sud, un humanitaire mesure le bras de ce jeune garçon afin de savoir s'il souffre de malnutrition. © Kate Holt/AP/SIPA

Le président Salva Kiir a promis mardi "un accès sans restriction" aux humanitaires, dont les efforts pour venir en aide aux populations touchées par la famine sont entravés par plus de trois ans de guerre civile. Le lendemain, le pape François a fait part de son "inquiétude particulière".

Le gouvernement, qui a déclaré lundi l’état de famine dans plusieurs zones du pays, « s’assurera que toutes les organisations humanitaires et d’aide au développement bénéficient d’un accès sans restriction aux populations dans le besoin dans tout le pays », a assuré le président Kiir devant le Parlement.

Près de 4,9 millions de Sud-soudanais, soit près de la moitié de la population totale du pays, ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence, d’après trois agences onusiennes (Unicef, FAO et PAM).

Quelque 100 000 d’entre eux, dans la région d’Unité (nord du pays), souffrent de famine, soit le niveau le plus élevé d’insécurité alimentaire. Dans quelques mois, ils seront 1 million si rien n’est fait pour enrayer le désastre, s’alarme l’ONU.

Une famine née de la guerre

Les organisations humanitaires ont déploré une famine « causée par l’homme ». La guerre civile, qui secoue le pays depuis décembre 2013, est à l’origine de plusieurs dizaines de milliers de morts et plus de 3 millions de déplacés. Les combats ont obligé nombre de Sud-soudanais à fuir leur habitation, limité la production agricole, provoqué une hausse du prix des denrées et bloqué l’accès aux régions les plus isolées.

Une responsable humanitaire de l’ONU travaillant au Soudan du Sud a accueilli avec satisfaction les propos du président, tout en observant que semblable engagement avait déjà été exprimé par le passé et qu’il était « plus important que l’accès soit garanti sur le terrain ».

Même si la promesse de Salva Kiir pourrait favoriser les desseins des ONG, celles-ci doivent souvent en passer par de délicates négociations avec une multitude d’acteurs sur le terrain, a-t-elle relevé sous couvert de l’anonymat.

Certaines régions ne sont accessibles que sous forme de largages depuis des avions ce qui, selon la responsable onusienne, coûte jusqu’à sept fois plus cher qu’un convoyage par la route ou par voie fluviale. « Il y a toutes sortes d’obstacles », a-t-elle noté, ajoutant que les organisations humanitaires devaient aussi s’assurer que la nourriture, une fois distribuée, n’était pas ensuite détournée par des groupes armés.

Une aide d’urgence

Une aide d’urgence de 82 millions d’euros a été annoncée mardi par l’Union européenne, afin de parer aux « besoins les plus urgents » au Soudan du Sud et pour aider les pays voisins à faire face à l’afflux de réfugiés.

De leur côté, les États-Unis, parrains de l’indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, ont estimé que cette famine était « la conséquence directe d’un conflit entretenu par les dirigeants sud-soudanais qui ne veulent pas mettre de côté leurs ambitions politiques ».

« Nous appelons le président Kiir à tenir rapidement sa promesse de laisser les organisations humanitaires accéder aux populations dans le besoin », a plaidé le département d’État dans un communiqué.

« L’inquiétude » du souverain pontife

Washington a également rappelé qu’il était le plus important donateur d’aide humanitaire au Soudan du Sud, avec plus de 2,1 milliards de dollars depuis 2014, mais n’a pas annoncé d’enveloppe supplémentaire.

Le pape François s’est également exprimé sur le sujet à l’occasion de son audience générale du mercredi sur la place Saint-Pierre. Lors de son allocution, le souverain pontife a fait part de son « inquiétude particulière » à propos des « nouvelles douloureuses en provenance du Soudan du Sud martyr ». Il a appelé à « rendre concrètes les aides alimentaires et permettre qu’elles rejoignent les populations en souffrance ».

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