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Angela Merkel en Tunisie le 3 mars pour parler d’immigration avec Béji Caïd Essebsi

Par - à Tunis

La Chancelière allemande Angela Merkel et Béji Caïd Essebsi, Premier ministre à l'époque, le 26 mai 2011 à Deauville. © Markus Schreiber/AP/SIPA

Le Chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, est à peine rentré d’une visite officielle à Berlin les 14 et 15 févier 2016, que la Chancelière allemande s’annonce à Tunis pour le 3 mars.

Alors qu’approchent de nouvelles échéances électorales en Allemagne, Angela Merkel a semble-t-il du mal à accepter le refus du gouvernement tunisien d’établir des camps sur son territoire pour accueillir des réfugiés indésirables en Allemagne.

Elle pensait faire pression sur la Tunisie, en insistant sur le fait que l’auteur présumé de l’attentat de Berlin, survenu le 19 décembre, était tunisien. Son objectif : obtenir des autorités tunisiennes qu’elles endossent des responsabilités. Mais sur ce point, Angela Merkel n’a pas eu gain de cause.

La chancelière ne baisse pas les bras pour autant, et semble vouloir revenir à la charge sur ce sujet auprès du président tunisien, Béji Caïd Essebsi.

Autre sujet qui sera au cœur des discussions : la Libye. « Sans stabilisation politique de la Libye, nous ne pourrons pas faire cesser les activités des passeurs et trafiquants (d’êtres humains) qui travaillent depuis la Libye » vers l’Italie, a indiqué Angela Merkel le 25 février, selon l’AFP.

Une proposition qui inquiète

Pourtant, lors de la visite de Youssef Chahed, la Chancelière allemande avait obtenu que la Tunisie accélère les procédures de confirmation de nationalité, nécessaire au rapatriement des clandestins tunisiens.

La chancelière avait également spécifié à l’occasion que sa proposition de créer des camps de migrants concernait la Libye et non la Tunisie. Des propos repris le 20 février par Andreas Reinicke, ambassadeur d’Allemagne en Tunisie, mais qui ne rassurent pas pour autant le pays.

Il n’est pas concevable de créer des camps dans une zone instable.

« Il n’est pas concevable de créer des camps dans une zone instable, sans en mesurer les conséquences aussi bien localement que pour le voisinage, sans avoir l’aval des autorités et sans savoir qui sont les réfugiés, tout comme il est inconcevable de déplacer des personnes d’une manière contraire aux droits de l’Homme », assène un diplomate.

Dans les faits, l’Allemagne ne peut engager un tel projet sans vis-à-vis officiel en Libye et il semble que les négociations pour mettre fin à une situation chaotique soient encore longues.

Une aide financière sous conditions ? 

Autre sujet de crainte pour la Tunisie : que l’aide allemande soit désormais conditionnée par des accords sur les réfugiés.

« Rapatrier des Tunisiens est une chose, ouvrir à des inconnus en est une autre. La Tunisie supporte encore les conséquences de l’effort qu’elle a consenti pour accueillir les milliers de Libyens fuyant la guerre civile en 2011 » assure Malek Abdennadher, membre d’une association active sur le camp de Choucha à l’époque.

Si l’ambassadeur d’Allemagne en Tunisie, Andreas Reinicke, a jugé que les choses « se sont améliorées dernièrement et vont encore s’améliorer » entre les deux pays, une source officielle tunisienne s’exprimant à l’AFP sous couvert d’anonymat considère que la visite de la chancelière est surtout l’occasion de « se focaliser sur les dossiers d’investissements », la relance de l’économie étant une condition clé pour pérenniser la stabilité de la Tunisie.

À Tunis, lors d’un discours prévu devant le Parlement, Angela Merkel compte également évoquer les progrès en matière de respect des droits humains et d’État de droit de la Tunisie, tout en soulignant que ces avancées « doivent se muer en exercice vivant de la démocratie », a indiqué à l’AFP Ulrike Demmer, une porte-parole de la chancelière..

En attendant cette  visite en Tunisie, une autre prévue par Angela Merkel en Algérie à compter de lundi 20 février a été officiellement reportée pour « indisponibilité temporaire » du président Abdelaziz Bouteflika.

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