Burkina : Roch Marc Christian Kaboré retouche son gouvernement

Par -  à Ouagadougou

Roch Marc Christian Kaboré à Paris, le 3 septembre 2015. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Le nouvel exécutif a été dévoilé lundi soir par le secrétaire général du gouvernement, Alain Thierry Ouattara, à la télévision nationale. On note deux départs majeurs et cinq arrivées. Jean Claude Bouda, qui prend les rênes de la Défense, est l'un des grands promus.

La nouvelle équipe, toujours dirigée par le premier ministre, Paul Kaba Thiéba, comprend 32 membres contre 29 précédemment. Le premier conseil des ministres après ce remaniement « technique » dans un gouvernement qui ne compte que six femmes a eu lieu mardi 21 février autour du président Roch Marc Christian Kaboré.

Quatre nouveaux ministres y font leur entrée, comme l’ancien gouverneur Simeon Sawadogo, qui prend le portefeuille de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Le Pr Filiga Michel Sawadogo, pourtant membre du parti présidentiel, quitte l’exécutif au profit de Alkassoum Maiga qui aura à charge désormais l’Enseignement supérieur. À l’Économie numérique, Aminata Sana fait les frais de la polémique suscitée par l’affaire des tablettes du chinois Huawei aux députés. Elle est remplacée par Hadja Fatimata Ouédraogo.

Alfa Omar Dissa qui gérait le vaste ministère de l’Énergie et des Mines et Carrières se voit recentré sur l’Énergie alors que les Mines et Carrières sont confiées au député Oumarou Idani. Enfin, Smaila Ouédroago, l’ancien ministre de la Santé, décrit comme un proche du président de l’Assemblée nationale, Salif Diallo, et qui était au cœur d’un conflit « juridique » avec le directeur général de la Centrale des médicaments essentiels génériques, atterrit au ministère stratégique de la Jeunesse et de l’Emploi. C’est désormais l’agrégé en santé publique, Nicolas Méda, qui pilotera le département de la Santé.

Les ministères régaliens aux mains des proches du président

Les ministères régaliens restent aux mains des proches du président Kaboré. Alpha Barry conserve les Affaires étrangères, idem pour la grande argentière burkinabè Hadizatou Rosine Sori-Coulibaly, qui reste au portefeuille de l’Économie, des Finances et du Développement.

Quant au très influent et controversé Simon Compaoré, il perd l’Administration territoriale et la Décentralisation mais garde la Sécurité. Enfin, Jean-Claude Bouda, ce fidèle du président Kaboré, est propulsé au poste sensible de ministre de la Défense. C’est une véritable promotion pour celui qui officiait comme ministre de la Jeunesse puisqu’il succède au président Kaboré lui-même.

À ce poste, M. Bouda, qui a dirigé pendant plus d’une décennie le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (Siao), devra poursuivre le chantier de la réforme de l’armée et mener l’offensive dans un Nord confronté aux agressions répétées des groupes terroristes. En décembre dernier, une attaque contre une position de l’armée à Nassoumbou revendiquée par le prédicateur radical Malam Dicko avait causé la mort de douze soldats burkinabè.

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