Côte d’Ivoire : le procès des disparus du Novotel doit reprendre mardi

L'hôtel Novotel de la ville d'Abidjan, le 29 décembre 2011. © Nabil ZORKOT pour les Éditions du Jaguar

Alors que le procès de Simone Gbagbo doit reprendre ce mardi 21 février, celui des "disparus du Novotel", autre procès emblématique de la crise post-électorale ivoirienne, doit également s'ouvrir dans la matinée après avoir été reporté fin janvier.

Sur le banc des accusés, dix Ivoiriens seront appelés à répondre de plusieurs chefs d’accusation : « Arrestation illégale, séquestration avec violences, assassinat et complicité d’assassinat, disparition de cadavres ».

Parmi les mis en cause, plusieurs anciens hauts gradés de l’armée ivoirienne : l’ancien commandant de l’ex-garde républicaine, Bruno Dogbo Blé, les colonels Jean Aby et Léopold Mody Ohoukou, mais aussi Osée Loguey, ex-commissaire de police.

« Nous voulons la vérité »

Ces derniers sont accusés d’avoir pris part au rapt et à l’assassinat, le 4 avril 2011 à Abidjan, de Stéphane Frantz Di Rippel, alors directeur de l’hôtel Novotel d’Abidjan, de Yves Lambelin, directeur général du géant ivoirien de l’agro-industrie Sifca, mais aussi de son collaborateur béninois Raoul Adeossi et du Malaisien Chelliah Pandian, directeur d’une filiale de Sifca.

Près de six ans après les faits, qu’une longue instruction a en partie permis de reconstituer, seul le corps de Yves Lambelin a été retrouvé dans la lagune Ébrié. « Nous voulons que ce procès permette la manifestation de la vérité. Les familles des victimes veulent savoir quels ont été les derniers moments de la vie de leurs proches. Nous voulons aussi savoir ce qu’il est advenu des corps », avait affirmé à Jeune Afrique Pierre-Olivier Sur, avocat des familles des victimes et du groupe AccorHotels. 

La crise post-électorale à l’agenda judiciaire

Le 31 janvier dernier, le président de la cour de Yopougon avait reporté les audiences après l’ouverture du procès en raison de l’absence de cinq des accusés. « Inadmissible que cette affaire ne soit pas jugée », avait alors réagi auprès de l’AFP l’avocat français, arrivé lundi soir dans la capitale économique ivoirienne pour la reprise de ce procès emblématique de la crise post-électorale.

Hasard du calendrier judiciaire, un autre procès symbolique de cette même période reprend également ce mardi matin : celui de Simone Gbagbo, notamment jugée pour crime contre l’humanité.

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