Afrique du Sud : un monument en métal d’armes fondues pour Meyiwa, capitaine des Bafana Bafana

Par Jeune Afrique

La dépouille de Senzo Meyiwa présentée aux Sud-Africains, le 1er novembre 2014. © AFP

La Fédération sud-africaine de football (Safa) a annoncé, jeudi, vouloir lancer une collecte d'armes à feu illégales pour les fondre et en faire un monument en métal en hommage à Senzo Meyiwa, gardien de l'équipe nationale, assassiné fin octobre.

L’idée lancée le 6 novembre par la Fédération sud-africaine de football (Safa) est simple mais originale : collecter les armes à feu illégales, puis les fondre pour ériger une statue en métal en hommage à Senzo Meyiwa, capitaine et gardien de but des Bafana Bafana, victime fin octobre d’un cambriolage qui a mal tourné.

"Plus nous recevrons d’armes, plus la statue sera grande", a souligné Dominic Chimhavi, porte-parole de la Safa. Mais les détails sont encore à régler avec les ministères de la Police et de la Justice pour décider où, quand et comment les armes seront restituées, et garantir qu’il n’y ait pas d’arrestations, ni de questions à poser à des personnes qui rendent ces armes. "Parce que si on pose des questions, les gens auront peur", a-t-il ajouté.

Amnistie en échange ?

"L’Afrique du Sud a perdu un tel héros, notre capitaine, notre gardien de but (…). Cette mort a vraiment touché le pays, les gens sont unanimes. N’oubliez pas que (. . .) Orlando Pirates [le club du défunt], c’est notre Liverpool ou notre Manchester United à nous", a expliqué Dominic Chimhavi. Et de préciser : "Des types veulent rendre ces flingues (. . . ), mais ils réclament une amnistie".

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"La pression publique est là, si Safa pousse, il y a une possibilité que la collecte de ces armes illégales se fasse", commenté de son côté Claire Taylor de Gun Free SA, une association qui milite pour un port d’armes légal plus restrictif.

L’Afrique du Sud a déjà organisé trois collectes volontaires d’armes illégales, en décembre 1994, puis 2005 et 2010. Mais le problème des armes à feu, en partie hérité des années de lutte contre l’apartheid, demeure, et ce malgré une législation contraignante en la matière.

(Avec AFP)