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Zimbabwe : si Robert Mugabe meurt, « vous verrez les gens voter pour son cadavre ! »

Par Jeune Afrique avec AFP

Robert Mugabe, alors âgé de 92 ans, s'adressant aux vétérans le 3 août 2016. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/Sipa

L'épouse de Robert Mugabe, Grace, a évoqué publiquement le possible décès décès de son époux ce vendredi. La Première dame a affirmé que, même mort, celui-ci serait confortablement réélu à la présidentielle. Il s'apprête à fêter ses 93 ans.

« Un jour, quand Dieu décidera que Mugabe doit mourir, nous présenterons son cadavre comme candidat sur les bulletins de vote », a lancé vendredi 17 février Grace Mugabe devant des supporters de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, à Buhera. « Vous verrez les gens voter pour le cadavre de Mugabe ! Je suis sérieuse ! Juste pour montrer à quel point ils aiment leur Président », a-t-elle assuré.

Grace Mugabe, 51 ans, est depuis deux ans la patronne de la Ligue des femmes de la Zanu-PF. Cette position en fait une des favorites à la succession de son mari, bien qu’elle nie publiquement toute ambition présidentielle. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’elle envisage l’hypothèse d’une défaillance de son époux. En novembre 2015, elle avait assuré qu’elle soutiendrait son mari, même s’il devait « se présenter en fauteuil roulant ».

Président centenaire ?

La santé du plus vieux chef d’État en exercice sur la planète et ses fréquentes visites à Singapour ou Dubaï pour se faire soigner alimentent de multiples rumeurs sur son état de santé. En 2011, WikiLeaks avait dévoilé un télégramme diplomatique américain datant de 2008, qui affirmait à l’époque que le président zimbabwéen souffrait d’un cancer de la prostate et qu’il n’avait plus que cinq ans à vivre.

S’il a réussi à déjouer ce lugubre pronostic, Robert Mugabe a trébuché en 2015 à plusieurs reprises pendant différentes sorties, relançant le débat sur sa forme physique. Mais l’an dernier, il a assuré qu’il comptait bien diriger le pays jusqu’à ses cent ans. Déjà candidat déclaré à la présidentielle de 2018, il a toujours refusé de suggérer le nom d’un successeur et pourrait affronter le pasteur Evan Mawarire, une des figures de la contestation contre le gouvernement.

Ce dernier a en effet sous-entendu vendredi 17 février qu’il envisageait de se présenter aux élections générales de 2018. « Si le besoin se fait sentir ou s’il s’avère nécessaire pour moi de participer aux élections, je veux vraiment me rendre disponible pour cela », a-t-il de fait lancé à la sortie du tribunal d’Harare où il était entendu par la justice pour des accusations de tentative de sabotage du gouvernement et d’incitation à la violence.

« Je n’ai pas encore pris ma décision mais je ne veux certainement pas fermer cette porte », a-t-il ajouté.

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